Ily a deux lectures à faire du voyage de Hollande en Afrique (Bénin, Angola,Cameroun). Pour le Président français, il s’agit de peser de tout son poids pourréaffirmer l’importance de la France et des pays du front contre Boko Haram (Cameroun,Bénin). En Angola, il s’agit de réaffirmer les liens économico-financiers entrela France et l’Angola, ce qui justifie une forte délégation de chefs d’entrepriseà ses côtés. Au cours de cette visite, il va demander aux Africains de ne pasmodifier les constitutions, et sans le dire de façon explicite, il a en pointde mire le Président Denis Sassou Nguesso du Congo qu’il soupçonne de vouloirmodifier la constitution alors que le Président du Congo n’a rien dit de sesintentions.

Ladeuxième lecture plus explicite est celle qui consiste à voir dans la visite duPrésident Hollande en Afrique une volonté d’imposer une ligne politique etconstitutionnelle aux anciennes colonies françaises d’Afrique centrale. Bienentendu, l’entourage du Président Hollande rejette tout soupçon d’ingérence dela France. De qui se moque-t-on ? Hollande avait dit vouloir supprimer laFrançafrique, mais les rapports historiques entre la France et l’Afriquefrancophone (par la monnaie-zone Franc CFA-, par la politique-interventions auMali, en République Centrafricaine-, par l’économie-le rôle de Total, d’Areva-)ne peuvent diluer et encore moins faire disparaitre la Françafrique, même sicelle-ci change de nature.

Surle plan politique, le Président Hollande doit comprendre que, depuis lesindépendances, les pays africains essaient de construire des modèles politiqueset économiques qui s’appuient sur des constitutions qui trouvent leurs racinesdans une sociologie de la relationqu’entretiennent le peuple et les institutions avec leurs dirigeants. L’Occidenta voulu imposer un modèle politique en Libye.

Les conséquences de cettepolitique de domination mentale et physique sont les suivantes : absence d’Etat enLibye, migrations massives vers l’Europe à partir de la Libye et troublespolitiques au Mali contenus grâce à l’intervention française (Opération Serval).

 Sassou Nguesso Président du Congo est depuis longtemps au coeur des problèmatiques politico-constitutionnelles au Congo et en Afrique.

Ilest temps que le Président François Hollande comprenne que la politique d’ingérenceest terminée, qu’il n’y a pas, en Afrique centrale, des pays et des Présidents fréquentables et d’autres non, au nom d’une géométrie politiquevariable. Le Président Sassou du Congo Brazzaville n’est pas sourd à la réalitéinternationale. Il est au cœur des politiques d’intégration en Afrique pouravoir assumé le poste de Président de l’Union africaine, il est aussi un grandmédiateur dans les conflits en République Centrafricaine et dans les GrandsLacs. Il est au cœur d’une sociologie politique africaine, souvent incomprisedu côté du monde occidental et surtout de Paris qui veut imposer sa loi d’airainde domination politique et économique aux élites africaines, malgré lesdiscours fondés sur la coopération politique entre des acteurs égaux de lacommunauté internationale.

Ona vu ce qu’il s’est passé au Burkina Faso et au Burundi. Il y a en Afrique, et auCongo, des élections présidentielles à venir. Fort de la relation que lePrésident du Congo entretient avec sa population, il a organisé, à la manièreafricaine, une palabre politique qui lui a permis d’écouter tous les Congolaiset les Congolaises des différentes couches sociales. Ces Congolais ont évoquéles questions diverses qui touchent à la vie de l’Etat et de la Nationcongolaise. A l’issue de cette palabre africaine, le Président Sassou a décidéde mettre en place une commission préparatoire au dialogue national qui auralieu du 11 au 15 juillet 2015.

L'Afrique et le Congo construisent leur propre modèle de pensée

Quela France comprenne, ainsi que ses élites, que les Africains sont capables deréfléchir à la mise en place de modèles politiques et constitutionnels qui leursoient propres en fonction de leur réalité politique. Le Congo est un pays quidepuis son indépendance est hanté par la violence. Or, le Président Sassou, enconvoquant un dialogue national, souhaite travailler pour la paix et ledialogue national, que les Congolais appellent de leurs vœux, doivent répondreà deux questions fondamentales :

  • Commentdevrait-on organiser au mieux les scrutins à venir dans notre pays ?
  • Fait-onoui ou on évoluer les institutions de la République ? Si c’est oui dansquel sens souhaite-t-on les faire évoluer et si c’est non, pourquoi ?

LesOccidentaux ont vendu à l’Afrique le concept de démocratie grecque comme vertuessentielle des peuples.

Pourquoi la France et une partie de l’Occident s’évertueraient-ellesà déconsidérer l’action de Denis Sassou Nguesso Président du Congo, quisouhaite consulter son peuple pour résoudre un problème politique etconstitutionnel ? 

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