Devenu monarchieconstitutionnelle acceptant le pluralisme des partis sous Hassan II, le royaumedu Maroc n’est que très rarement affecté par ce qui engage le destin de l’Afrique.Sincèrement, si le créateur laissait aux leaders des Etats la liberté dechoisir la partie du monde où ils aimeraient voir implanter leur territoire, lesultan du Maroc actuel, plus que son père, déplacerait son royaume d’Afrique etl’installerait de l’autre côté de la Méditerranée. Trois raisons militent enfaveur de cette assertion :

· Le problème du Sahara occidental.

Alorsque les Etats d’Afrique dans leur ensemble militent pour l’émancipation despeuples, le sultan du Maroc s’est érigé en conquérant après le départ des Espagnols pourrecoloniser le Sahara occidental en s’appuyant sur de faux prétextes quicachent mal ses visées expansionnistes. Un avis émis par la Cour internationalede justice en 1975 rejetant ses revendications de souveraineté sur ce territoirene l’a pas fait reculer. En 1982, au cours d’un vote organisé lors d’un sommetde l’OUA, 26 Etats membres ont reconnu la République Arabe SahraouieDémocratique proclamée par le Front Polisario en 1976.

Depuis 1984 la RASDsiège à l’OUA puis à l’UA comme membre àpart entière de cette organisation panafricaine. Dès lors le Maroc s’en estretiré et ne se sent plus manifestement concerné par les problèmes africains.Plusieurs missions onusiennes ont été conduites pour faire entendre raison auMaroc, sans succès : Minurso, James Baker, Alvaro de Soto, Kofi Annan, etc.Par son entêtement, le Maroc a divisé et fragilisé le Maghreb, la frontièrealgéro-marocaine est fermée depuis des lustres.

· La Coupe d’Afrique des Nations, édition2015, est venue défoncer une porte ouverte. Pour contribuer à discréditerl’Union Africaine à l’instar des nations impérialistes, le Maroc a refuséd’accueillir la CAN qu’elle avait quelques années plutôt accepté d’organiserarguant une maladie qui sévit loin de ses frontières. Mais paradoxalement, ellen’a jamais interdit à sa compagnie aérienne de se rendre vers ces pays d’Ebolaou refusé au Sily national, équipe de football de Guinée, de livrer ses diversesrencontres l’ayant qualifié pour cette CAN sur les stades de football marocains !

Une Guinée pouvant en cacherune autre, c’est celle du président Obiang Nguéma, le panafricaniste, qui adécidé de laver l’affront lancé à la jeunesse africaine par la dynastiealaouite.

· Ebola : Un alibi honteusement léger. Manquantde solidarité envers les peuples victimes d’ébola, le Maroc a refusé de prendrela main que lui tendait l’Afrique entière. Il a fermé ses portes à cetteAfrique dont le football est l’une des armes pour rassembler ses fils et sesfilles de tous bords, parce qu’il ne veut pas compatir avec une certaineAfrique qui souffre d’ébola !

Les quelques raisonssus-évoquées démontrent à souhait que le Maroc a mal de l’Afrique.

Parconséquent, tout ce qui est susceptible d’épanouir ce continent en mal d’uniténe l’engage pas. C’est pourquoi il s’accroche à l’occupation du Saharaoccidental malgré les récriminations de toute l’Afrique. C’est aussi pourquoiil a renoncé à organiser la CAN en brandissant toute honte bue un fallacieuxprétexte. Et même si par l’essor de son tourisme, qu’il prétend préserver, leMaroc accueillait les visiteurs du monde entier, cesserait-il d’être un royaumesitué en Afrique ? Mon cher sultan que ferez-vous maintenant, après le succès de laCAN en Guinée Equatoriale ?



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