Chacun s'y attendait : après la déclaration du lundi 5 décembre, le Premier ministre n'avait pas d'autre choix que démissionner. Il avait annoncé déposer la démission de son gouvernement dès le lendemain de sa déclaration de candidature, et c'est chose faite. L'AFP a confirmé l'arrivée de la voiture du Premier ministre à l'Elysée vers 8h30 ce mardi matin. Ce renversement de situation soulève de nouvelles questions : qui le remplacera à Matignon ? L'actuel ministre de l'Intérieur, le ministre de l'Agriculture ou bien la ministre de la Santé ? De nouveaux ministres seront-ils nominés ? Qui devra quitter ses fonctions ? Nous le saurons dans quelques heures.

De nouveaux défis pour Manuel Valls

Le premier homme à avoir parlé d'une fracture du Parti Socialiste a annoncé lundi soir vouloir réconcilier les deux gauches divisées depuis le quinquennat Hollande.

Son défi, en tant que candidat, va donc être de réparer les erreurs qu'il a commises lorsqu'il était au gouvernement : il va devoir défendre son bilan, tout en promettant de faire quelque chose de mieux s'il est élu président. Sa course à la présidentielle semble, de ce point de vue, bien mal partie. Hier, il a dit faire de ce rassemblement de la gauche son slogan de campagne. Outre le mal qu'il va avoir pour faire passer aux partisans socialistes la pilule du 49-3, son slogan est vu d'un très mauvais oeil par les frondeurs. En effet, ces derniers l'accusent d'avoir lui-même scindé la gauche en deux. De sorte qu'ils affirment justement que sa candidature est sans doute la plus clivante, à la primaire de la gauche. Bref, aussitôt que le Premier ministre s'est déclaré candidat, il se retrouve sous le feu nourri de ses concurrents de gauche.

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Pour rassembler, conformément à ce qu'il a affirmé lundi, il va devoir faire un mea culpa de ses actes critiqués au gouvernement. François Hollande a reconnu les erreurs de son quinquennat, mais Manuel Valls est encore le seul à se dire irréprochable et à tenir farouchement aux mesures qu'il a défendues. Cette hauteur du gouvernement socialiste, voilà ce que les électeurs de gauche détestent par-dessus tout. S'il finit par convenir qu'il a commis quelques erreurs, et que quelques réformes ont été adoptées brutalement, qu'il aurait pu mieux faire, il parviendra sans doute à rassembler. Cependant, les électeurs ne sont plus dupes : ils craignent une attitude de façade pour que tout redevienne comme avant, si jamais il était élu président.