D'aucuns disent que j'excelle dans une discipline, que je serais même un sportif de haut niveau dans un sport, qui n'est sponsorisé par aucune fédération. Je m'entraîne avec assiduité aussi, j'égratigne deux heures par jour, je raille une heure par semaine, je descends parfois en flamme l'espace de quelques minutes... Cette discipline sportive loin d'être olympique, s'appelle le "lancé de pavé dans la mare".

Permettez messieurs de la SNCF, que je vienne jeter celui du jour, dans votre mare personnelle.

On dit qu'il n'y a pas de fumée sans feu !

On dit qu'il n'y a pas de fumée sans feu, ni de fumée sortant des locomotives usant de l'énergie électrique d'ailleurs...

On prétend également que la prime au charbon n'est plus versée aux malheureux cheminots, et j'en suis fort aise, je ne supportais plus de les voir aux abords des voies ferrées, ramasser les escarbilles tombées des bêtes humaines, et dont les plus importantes étaient religieusement brûlées, comme si mes souvenirs littéraires sont bons, chez les Maheu du Germinal de Zola, en 1885 et en page 1467. Finalement, mes souvenirs en plus d'être fidèles, sont précis !

Qui oserait critiquer les primes attribuées ?

Que dire des jours de récupération, au lendemain de ceux harassant de présence dans les locomotives arrivant en retard, et précédant celles parties également après l'horaire annoncé...

Qui oserait critiquer les primes attribuées à ces formidables agents de l'entretien des voies, qui nous le savons, sont capables entre les heures de pause-café, et pauses repas, d'honorer 10 mètres de voie en une seule matinée ? Et qu'on vienne leur reprocher des erreurs de maintenance horripile au plus haut point !

Et la prime de risque au sifflet ? Qui en parle ? Alors que de valeureux héros, aux casquettes ornées de davantage d'étoiles que les généraux d'armée, sortent toutes les 30 minutes parfois, sur des quais glacés par les intempéries, restant statiques, et dans un souffle héroïque finissent par insuffler l'air au sifflet, qui finira par ordonner le départ du train ? Et s'ils avalaient malencontreusement le sifflet ? Que deviendraient-ils ?

J'entends déjà les mauvaises langues dirent, que certains passe-droits les dirigeraient vers des centres hospitaliers, comment dire...

Privilégiés... Que nenni ! Vils mensonges que ces ragots de bas étage !

Tout autant d'ailleurs que ma prime au sifflet, qui n'est que pure invention ! Mais finalement un privilège de plus ou de moins dans le flot de ceux que l'on prétend ne pas avoir, et pour lesquels on se bat quand même... Est-ce bien important ?

Enfin français ! Françaises !

Enfin français ! Françaises !, comme disait à une époque Charlie, ne finissez-vous pas par être exaspérés, par quelques preneurs d'otages, qui ne viennent finalement pas défendre grand chose, mais plutôt éviter qu'une certaine modernisation des textes de loi, ne leur fasse perdre des avantages, voilà, je lâche enfin le mot, qui ne ressemblent à rien d'autre que des privilèges d'un autre temps et auquel tout salarié sensé renoncerait sans trop rechigner, et non pas en paralysant le pays et en plaçant par manque de moyens de transport, de véritables "trimeurs" sur la touche...

Catégorie privilégiée !

Voilà la réalité ! Du moins celle de votre humble serviteur, issu lui-même d'une catégorie privilégiée, mais qui, et j'espère que vous me croirez sur parole, n'a jamais osé cracher dans la soupe, et reconnu être bien plus heureux que de malheureux travailleurs, courbant plus volontiers l'échine, qu'ils ne levaient le poing.

Oui, j'ai eu des privilèges, mais quand il m'a fallu me battre pour les défendre, j'ai toujours eu l'honnêteté de dire que ce n'était pas pour les autres ! #Grève #SNCF