Le verdict est enfin tombé. Le "ministre du Budget fraudeur" a été condamné à quatre ans de prison, dont deux ferme et deux avec sursis, et à 300 000 euros d'amende et cinq ans d'inéligibilité. L'ancien ministre du budget n'ira pas en prison, puisque les deux ans ferme sont aménageables sous la forme d'un bracelet électronique.

En première instance, l'ancien ministre Jérôme Cahuzac, député puis ministre, qui était passé à travers les mailles du filet pendant de nombreuses années, avait été condamné à trois ans de prison ferme pour fraude fiscale et blanchiment. Les magistrats avaient refusé un aménagement de peine, en raison de la gravité des faits, et en raison du comportement du ministre du Budget à l'époque des faits.

En effet, alors qu'il était encore ministre du Budget, Jérôme Cahuzac avait nié, devant les députés, l'existence d'un compte en Suisse, en lançant aux parlementaires "Je vous le dis droit dans les yeux, je n'ai jamais eu et je n'ai pas de compte à l'étranger".

Cahuzac se voulait le héros de la lutte contre l'évasion fiscale

Non seulement, Jérôme Cahuzac a été au coeur du plus retentissant scandale de la présidence de François Hollande, mais l'ancien ministre a tenté, jusqu'au bout, de dissimuler, puis de nier sa propre turpitude. Dans cette affaire, la banque Genevois a, elle aussi, subi la foudre des juges. En effet, elle a été condamnée à 1,875 million d'euros par la justice française pour complicité de dissimulation des avoirs de l'ancien ministre Jérôme Cahuzac. A l'époque des faits, le ministre du Budget était considéré comme l'étoile montante du gouvernement socialiste.

Certains observateurs le voyaient déjà en futur premier ministre.

Dans une France où la bataille du rail se poursuit, [VIDEO], [VIDEO]où des "couacs" ministériels sont observés lorsqu'à Trappes la secrétaire d'état à l'égalité Marlène Schiappa est interdite de café, de nombreux citoyens s'interrogent. "L'affaire Cahuzac a éloigné les français de leurs hommes et femmes politiques" confiait récemment un ancien député socialiste, qui n'a pas été réélu aux dernières élections législatives.

Le quantum de la peine infligée à Jérôme Cahuzac peut s'expliquer par la qualité du prévenu. Pour les magistrats, Jérôme Cahuzac n'était pas un fraudeur. Mais un "ministre du Budget fraudeur", prônant une lutte sans merci contre la fraude fiscale. Une première depuis que la République existe, du jamais vu depuis deux siècles. Lors de chaque audience, Jérôme Cahuzac a refusé "l'enrichissement personnel", évoquant "un financement pour la formation politique de Michel Rocard". Ce dernier étant décédé, Jérôme Cahuzac n'avait pas de contradicteur !