LREM, une étiquette qui fait peur à des milliers de marcheurs, tant Emmanuel Macron et son parti sont devenus impopulaires en France. Alors, des milliers de marcheurs têtes de liste dans les villes moyennes occultent leur appartenance à La République en Marche pour capter les électeurs. Nos confrères de la rédaction de Médiapart ont publié une carte interactive recensant des milliers de "faux nez" d'Emmanuel Macron prétendant lancer des listes sans étiquette ou issues de la société civile.

Cette information de premier plan est passée presque inaperçue avec le scandale des vidéos à caractère sexuel de Benjamin Griveaux, candidat à la mairie de Paris, puis son remplacement médiatique par la ministre de la santé Agnès Buzyn, chargée depuis plusieurs semaines de coordonner la lutte contre l'épidémie de Coronavirus.

Des têtes de liste LREM discrètes

Dans des milliers de villes, les candidats LREM se veulent plus discrets qu'un sous-marin Barracuda dernière génération sous l'Atlantique. D'Annonay à Lille, en passant par Tournon sur Rhône ou Vichy, les têtes de liste tentent de se fondre dans un anonymat civil. A Annonay, l'animateur régional de La République en Marche Jérôme Dozance a baptisé sa liste LREM "Annonay Dynamique Nouvelle". Pas un mot sur ses tracts et programmes de son appartenance à LREM. Comme si ce sigle effrayait plus que le coronavirus !

En face de lui, un autre marcheur Simon Plenet, qui a même parrainé Emmanuel Macron à l'élection présidentielle de 2017 en qualité de conseiller départemental. Avec sa liste "Annonay, c'est vous", pas de référence au président de la République et à son mouvement. Et défense de rire : ce candidat marcheur n'habite pas la ville d'Annonay, mais réside et paie ses impôts dans le village voisin de Vernosc.

Toujours en Ardèche, à Tournon-sur-Rhône, le marcheur et responsable du mouvement Pascal Diaz, ancien PDG de groupe Inoplast, dissimule tout lien avec LREM. Sa liste, composée de nombreux marcheurs, dont une candidate malheureuse aux législatives de 2017, s'intitule "Mieux Vivre à Tournon".

LREM affiche la couleur dans les grandes villes

"Dans les grandes villes, les candidats LREM tentent de surfer sur un électorat plus diplômé pour tirer leur épingle du jeu, et l'étiquette 'La République en Marche' peut un peu les aider" affirme le politologue Bernard Sananès, joint par téléphone.

C'est le cas de Paris, Lyon ou encore Marseille. Mais, dans des milliers de villes moyennes, les électeurs se retrouvent dans le brouillard le plus complet pour déterminer, à la lecture du programme, quel mouvement politique se dissimule derrière le nom très anodin de certaines listes.

Le parcours du combattant des électeurs s'avère encore plus complexe dans les villes où le sortant de 2014 refuse de se représenter, à l'image d'Annonay où le ministre LREM, Olivier Dussopt, refuse d'être candidat avec 5 listes qui s'affrontent.

Dans une France devenue hostile à Emmanuel Macron, où la bataille du rail se poursuit , où des "couacs" ministériels sont observés chaque mois, les électeurs sont de plus en plus vigilants.

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