Après un premier mandat mouvementé, la présidente du BrésilDilma Roussef a été réélue de justesse le 27 octobre 2014. Ce 1erjanvier, tandis qu’elle prêtait serment, une affaire de corruption impliquantde nombreux membres de son parti, le Parti Travailliste, et la compagniepétrolière Petrobras a refait surface.

Mis au jour par la CVM, l’organisme de surveillance de labourse brésilienne, cette enquête concerne une trentaine de membres du partiayant travaillé pour Petrobras de 2003 à 2010. La commission des valeursmobilières (CVM) accuse ces administrateurs d’avoir tronqué le montant de leurscontrats et utilisé une partie de leurs gains pour financer des campagnespolitiques.

Depuis le 30 décembre, la compagnie a provisoirement restreintses relations avec 23 sociétés de construction, suspectées de lui avoirversé des pots-de-vin.

Dilma et Petrobras

Dilma Roussef prétend n’avoir jamais entendu parler de cescontrats douteux et n’avoir jamais été concerné, de près ou de loin, par cetteaffaire. A cette époque, la présidente cumulait le poste de ministre de l’énergieet directrice de Petrobras. Un cumul en partie expliqué par le fait que l’étatbrésilien est l’actionnaire majoritaire de la compagnie.

Avec 87 000 employésrépartis sur 17 pays et une production journalière de 2,5 millions de barils depétrole, Petrobras est le leader du secteur pétrolier brésilien. Toutefois, lesnombreuses enquêtes dont elle fait l’objet ont détruit sa valeur boursière etde nombreux holdings ont déjà revendu leurs actions. Avec la chute du prix dupétrole, les actions de Petrobras ont baissé de moitié.

Dans son programme électoral, Dilma Roussef avait défini lalutte contre la corruption et la relance de l’économie comme les principauxpoints sur lesquels elle allait se focaliser durant son mandat.

En cette fin d’année,la présidente a libéré 17,9 millions de réais pour sauver Petrobras, bloqué parla mise en pause de ses contrats suspects.

« Il faut défendrePetrobras des prédateurs internes et de leurs ennemis externes »,a-t-elle déclaré ce vendredi au journal O Globo. 

Un acte étrange qui survient quelques jours après que legouvernement ait affirmé vouloir économiser 18 millions de réais en modifiantla taxation des travailleurs.

Une chose est sûre, au Brésil, la lutte contre la corruption a encore de beauxjours devant elle.

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