Une amélioration de laloi sur la fin de vie assistée, FrançoisHollande l'avait promis au début de son mandat. Enfin, non, on croyait qu'il l'avait promis,mais en réalité, il avait simplement parlé d'une « assistancemédicalisée pour terminer sa vie dans la dignité ».Que voulait-il dire par là ?

Ceux qui pensaient que lePrésident de la République comptait légaliser l'euthanasie pourles malades incurables et/ou en fin de vie se sont bien trompés. Cars'il est actuellement question d'une loi allant dans ce sens, iln'est toujours pas prévu que les patients aient le droit de mourir.Non, par contre, ils pourront réclamer le droit...

de dormir.

Actuellement, et depuis2005, lorsqu'un patient est condamné et que ses souffrances sontinsupportables, il peut exiger l'arrêt des traitements. Ilest alors placé sous sédatifs, et continue d'être nourri ethydraté jusqu'à sa mort. C'est sur ce point que les choses sontamenées à changer. L'euthanasie active (injection létale de lapart du médecin) ou le suicide assisté (c'est le patient quiadministre lui-même le produit sous la surveillance d'une équipeassociative) ne seront toujours pas permis.

Toutefois, si lecas du patient est jugé sans espoir, il pourra demander, selon desconditions strictes, à être plongé dans un profond sommeil au cours duquel il ne sera plus ni hydraté ni alimenté,et ce, dans le but d'accélérer sa mort.

C'est ce dernier pointqui pose problème. Tout d'abord, si l'on suppose que le patient neressentira pas la faim ni la soif puisqu'il sera endormi, il n'y arien de solide qui le prouve.

Ensuite, avec un tel dispositif, onne sait pas combien de temps exactement le patient survivra dans cetétat d'entre-deux. Deux jours, trois jours, une semaine... Celadépendra entièrement de sa résistance. Et pendant ce temps, sesproches qui, eux, continueront à le veiller, auront à supporter lavision insupportable d'un corps qui agonise et décrépit, un peucomme si on laissait à leur vue un cadavre dans ses premiers joursde décomposition.

Quel malade souhaite que sa famille assiste àça ?

L'euthanasie est un sujetsur lequel il est très difficile de prendre radicalement position, àmoins d'un manque cruel d'ouverture d'esprit. Toutefois, une choseest certaine. On parle bien d'aider le patient à « terminersa vie dans la dignité », mais en quoi est-il plus dignepour un patient en fin de vie d'être laissé à l'abandon jusqu'àce que son décès soit prononcé, que de se voir administrer (ou des'administrer lui-même) une injection qui entraînera instantanémentsa mort ? Le fait est que le gouvernement et le corps médicalveulent prendre le moins de responsabilités possible : lessédatifs auront pour effet secondaire d'entraîner la mort,mais ne la causeront pas directement, autrement dit, le décèssera « naturel ».

Certains pays d'Europe(Belgique, Pays-Bas, Luxembourg, Suisse) ont déjà légalisél'euthanasie et/ou le suicide assisté sous différentes conditions ;d'autres (Portugal, Italie, Grèce, Roumanie, Bosnie, Serbie,Croatie, Pologne, Irlande) ont choisi de l'interdire purementet simplement. Dans les deux cas, il y a du bon et du mauvais,mais au moins, ces pays ont une position claire et nette. EnFrance, on propose, on discute, on débat, et au final, on fait toutpour ne jamais avoir à trancher. Mais peut-on se permettre de rester« entre-deux » quand il s'agit de vies humaines ?

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