Le 23 mars dernier,le directeur d'une école primaire de Villefontaine, en Isère, étaitaccusé de viol sur deux élèves de CP. Alors qu'il était suspendudepuis mardi, de nouveaux éléments de l'enquête ont éclaté augrand jour, et une décision de radiation définitive a étéprononcée à son encontre ce mardi matin par la ministre de l'Education, Najat Vallaud-Belkacem.

Un passé et unprésent opaques pour ses collègues

Lorsque l'affaire a éclaté à l'école élémentaire du Mas de laRaz, les autres membres de l'équipe éducative ont étébouleversés. Selon eux, rien n'aurait pu leur permettre de devinerla véritable nature de leur chef d'établissement.

Et pour cause :celui-ci restait rarement plus d'une année scolaire dans lamême école, et gardait beaucoup de distances vis-à-vis de sescollègues, ce qui rendait tout comportement anormal très difficileà détecter pour eux.

Un gros problèmede négligence

On peut camoufler son attitude aux yeux de ses collègues, mais passon passé juridique aux yeux des administrations. L'enseignant avaitdéjà été condamné en 2008 pour recel d'images et devidéos pédopornographiques. En apprenant cela, beaucoup se sontposé la question suivante : comment a-t-on pu autoriserun tel homme à enseigner ? Il faut savoir que lesdélinquants sexuels, sitôt leurs crimes avérés, sont référencésdans le Fichier Judiciaire Automatisé des Infractions Sexuelles(FJAIS).

Les académies ont accès à ce fichier, mais lorsqu'ellesengagent un enseignant, elles n'ont aucune obligation de leconsulter. Est-ce la Justice qui n'a pas transmis à l'ÉducationNationale les informations concernant l'instituteur, ou bienl'Éducation Nationale qui n'y a pas prêté attention, les deuxpossibilités sont envisageables, mais quoi qu'il en soit, il y a euun énorme manque de vigilance quelque part, et il se payeaujourd'hui à un prix inhumain.

Tous les enfantsétaient au courant

Deux fillettes violées par leur maître en pleine classe, c'estatroce mais ce n'est rien comparé à la réalité des faits. Suiteaux plaintes déposées par leurs parents, de nombreuses autresfamilles se sont manifestées, et parmi elles, celles d'élèvesscolarisés dans les anciens établissements fréquentés parl'enseignant.

Après avoir interrogé les enfants, les enquêteursse sont aperçus que, non seulement presque tous les élèves dela classe avaient été victimes de viol, mais aussi que tousétaient au courant. Pire encore : à la cantine et dans lacour de récréation, il leur arrivait de discuter entre eux deces « jeux bizarres », si bien que mêmeles enfants des autres classes savaient ce qui se passait chezles CP. Mais, puisque l'histoire circulait entre les élèves, est-ilpossible que vraiment aucun mot ne soit parvenu aux oreilles desadultes ? Ou bien, est-ce que des adultes ayant surpris desbribes de conversations ont volontairement décidé de les ignorer ?

Une révocation àvie

La sanction – ou du moins sa première partie – ne s'est pasfaite attendre.

Ce mardi, juste une semaine après l'arrestationde l'enseignant, Najat Vallaud-Belkacem a prononcé à sonencontre une décision de révocation à vie, qui devraitprendre effet dans la journée. Également sous le choc, elle a jugécomplètement inacceptable qu'une telle horreur ait pu se produire,et demande désormais non seulement la radiation à vie de toutenseignant allant « à l'encontre de la probité des mœurs » mais aussi un meilleur contrôle du casier judiciaire desenseignants. Prendre de telles mesures pour éviter que semblablesituation ne se reproduise est certes la première chose à faire ;mais la suivante, ce sera de veiller à ce que ces mesures soientappliquées.

Ne manquez pas notre page Facebook!