C’est un véritable coup de semonce que vient de lancer l’ADEME(l’Agence de l’environnement et de la maitrise de l’énergie), organisme placésous l’autorité du ministère de l’Environnement et de la Recherche. Ce rapport apprend qu’une France totalement propre à l’horizon2050 ne serait pas plus cher que celui d’une politique de maintien de l’énergienucléaire.

Cependant, la publication de ce texte a fait l’objet denombreux blocages.

En effet, il devait être programmé lors d’un colloque les 14et 15 avril 2015, en plein débat sur la loi de transition énergétique quiprévoit de ramener la part du nucléaire à 50%.

En tout état de cause, la sortie du nucléaire suscite denombreux blocages. Pourtant, le potentiel énergétique est considérable. Ainsi,l’agence estime une production à hauteur de 1 268 Terawattheures (TWh) contreune consommation estimée de 422 TWh en2050.

De plus, le coût d’une politique énergétique propre serait àpeine plus élevé que la maintien du pays dans le nucléaire. En effet, l’entretiendu parc nucléaire existant sera très onéreux, et on estime à 112 euros le prixd’1 Mégawattheure, soit à peine moins que le coût de prix de l’énergie dans lacas d’une sortie totale du nucléaire estimée à 117 MWh. De quoi casser le mythe d’uneénergie nucléaire peu chère.

Ajouté à cela les déboires de l’EPR (Réacteur pressurisé européen) de Flamanville, où lessoucis techniques s’accumulent, on comprend tout de suite mieux l’intérêt d’uneplus grande diversification énergétique.

De nombreux blocages persistent

Notre si beau pays est connu pour les nombreux blocages quile rongent de l’intérieur, et le secteur de l’énergie ne fait pas figure d’exception.En effet, François Hollande avait promis lorsqu’il était candidat de fermerla centrale de Fessenheim, plus ancien site nucléaire de France.

Mais le président a eu vite fait de renoncer à cettepromesse sur fonds de brouille avec ses partenaires écologistes, mais surtout d’unchômage galopant, tutoyant des sommets. Pourtant, c’est à ce genre de décisions que l’on reconnaîtle courage politique d’un dirigeant. La fermeture de le coûteuse centrale alsacienne aurait été un symbole fort.

Cela aurait été le signe d’une France ancrée dans le XXIème siècle, prête à relever le défi de la transition énergétique.

Et par la même occasion,de devenir un modèle pour tous les autres pays souhaitant suivre la mêmedirection.

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