Il y a quelques semaines, l’agence de gestion de l’eau enCalifornie (State Water Resources Control Board) a instauré une nouvelleréglementation pour la consommation d’eau. Victime d’une sécheresse sansprécédent, il semble que l’Etat américain devra bien se forcer et changer leshabitudes de ses citoyens. Une solution ultime pour préserver un besoin vitaldans un Etat qui voit cependant naître beaucoup d’initiatives écologiques. LaCalifornie serait-elle un paradoxe écologique aux Etats-Unis ?

« Dans dix ans, la Californie sera une régionsemi-aride »

Premier Etat américain en terme de population (38 millionsd’habitants), la Californie a bien du mal à gérer les questions écologiquesface à l’urgence du réchauffement climatique. La mesure décrétée le 5 mai 2015par le State Water Resources Control Board a donc fixé des objectifs deréduction de la consommation d’eau. Chaque ville sera tenue de respecter unebaisse allant de 4 à 36 % afin de réduire globalement la consommation d’eau de25 %.

Une rude mission pour Sacramento, la capitale, qui devra réduire de 28%son utilisation d’eau en milieu urbain.

Tommy Bui, jeune étudiant de 19 ans,réside à Los Angeles. Inquiet, il ne fait aucune concession face à la situationécologique de son pays : « Je penseque la ville de Los Angeles a pris la bonne décision pour la préservation de l’eau.Ici, la plupart des habitants ne sont pas conscients de l’urgence que nousvivons face à la sécheresse. Et de toute façon, bonne mesure ou pas, laCalifornie deviendra une région semi-aride comme l’Arizona à la prochainedécennie. »

Il est tout de mêmeimportant de noter que le secteur de l’agriculture n’était, au départ, pas inquiété par les nouvelles réglementations.

Seulement une centaine d’agriculteurs ont décidé lasemaine dernière de réduire leur consommation d’eau de 25%. Et le problèmeréside peut-être là… Alors que selon des chiffres récents l’agriculturereprésenterait près 80% de la consommation d’eau en Californie, la tâcheapparaît complexe. Le secteur agricole serait-il le seul responsable de cettepénurie ? Les citoyens, qui se disent sensibilités au sujet, attendent denouvelles mesures de la part des autorités.

« Personnellement,j’ai toujours été précautionneux avec l’eau : je ne lave ma voiture que trèsrarement, je prends des douches très courtes… Le prix de l’eau est raisonnableà Los Angeles mais nous n’avons pas le choix…, nous confie Tommy. Et puis le gouvernement californien encourage les citoyens à faire attention. Par exemple, ceux qui installent despelouses qui consomment moins d’eau ont une réduction d’impôts. D’un autrecôté, ceux qui dépasse les quotas d’eau prennent des amendes. »

Paradoxalement, les initiatives éco-responsables fusent ducôté de certains entrepreneurs.

En 2013, la société Zero Waste Energy DevelopementCompany a ouvert la plus grande centrale américaine de recyclage des déchetsorganiques, lesquels sont transformés en énergies renouvelables. Même chosepour le Marin Carbon Project qui a pour objectif de capter le Co² présent dansl’air dans le sol à l’aide du compost. L’Etat est même reconnu pour avoir étéun pionnier en termes de mesures anti-pollution.

« We’re literally gonna die »

Le changement climatique serait-il devenu un sujet brûlantdans l’Etat californien ? Dernière action en date : la campagne chocde Mike Beitiks, candidat aux élections sénatoriales de 2016. A ce traditionnel« Si vous voulez un sénateur qui agisse pour le réchauffement climatique,votez Mike Beitiks » (source : Grist), le candidat du « Not doNothing » n’a pas hésité à se dénuder, éventail à la main, accompagné duslogan « We’re literally going to die » (nous sommes en train demourir)… Pour un peu plus d’espoir, il nous vaut mieux finir sur l’espérance dujeune Tommy : « A partir dumoment où tout le monde fera un effort, je ne vois pas pourquoi on n’arriveraitpas à s’adapter à ses nouvelles conditions de vie ! »

Ne manquez pas notre page Facebook!
Lire la suite