PatrickDrahi est un industriel, un homme d’affaires qui a des relations trèsimportantes dans le monde de l’entreprise et de la Finance. On le présentecomme pondéré, bon père s’occupant de ses quatre enfants et donc forcément bonmari aimant. C’est un homme d’affaires redoutable, il l’a montré quand il aracheté SFR.

Sonprojet industriel et financier est d’abord fondé sur le rachat des concurrentsgrâce à l’endettement qui constitue pour lui un effet de levier important. C’estun mode de gouvernance industriel et financier qui vise d’abord à lavalorisation des actifs pour son propre enrichissement, mais aussi pour celuide ses actionnaires.

Quoi de plus naturel dans un modèle économique où lastratégie financière l’emporte plus que la stratégie économique ?

Le gouvernement a joué de soninfluence pour stopper l’offre de Patrick Drahi

C’estpeut-être pour cette raison que le gouvernement, en tant qu’acteur stratège quin’a rien à faire dans une négociation privée, a joué de son influence auprès deMartin Bouygues qui a monté Bouygues Telecom il y a 16 ans. Le gouvernementValls n’a jamais voulu que les négociations portant sur le rachat de Bouyguespar Numericable/SFR se passent sans lui. Le gouvernement Valls avait posé sesconditions, à savoir : préservation de l’emploi, investissement etinnovation, qualité de service et vente des fréquences.

Endisant à l’unanimité non à l’alléchante offre d’achat de 10 milliards de Drahi,le conseil d’administration de Bouygues invoque les questions liées à laconcurrence et à l’emploi. Le gouvernement ne pouvait accepter de passer de 4opérateurs à 3, ce qui aurait pour effet accroître les marges des troisopérateurs restants à savoir Orange, Free, Numericable/SFR/Bouygues. Au nom dela concurrence et en invoquant les directives de Bruxelles sans le dire, legouvernement est satisfait du refus du conseil d’administration de Bouygues à l’hommed’affaires franco-israélien patron de l’empire de presse L’Express etLibération. Il faut se rappeler que Patrick Drahi avait racheté SFR pour 13,36milliards d’euros. En proposant 10 milliards à Bouygues, soit trois milliardsde plus que l’offre initiale, Patrick Drahi aurait construit un empire devant l’opérateurhistorique Orange qui s’appelait autrefois France Telecom.

Lemodèle économique de Patrick Drahi est un modèle fondé sur l’endettement etcertains analystes financiers estiment la partie visible de cet endettement à33 milliards, alors que la partie non visible aurait pour effet d’accroitrecelui-ci.

Qui a raison, qui a tort entre les analystes, le gouvernement etPatrick Drahi ? On peut noter qu’en France, le gouvernement a beaucoup demal à laisser le marché exister et fonctionner réellement. Le gouvernement esttoujours obligé d’intervenir dans les démarches stratégiques des entrepreneurs.Patrick Drahi en est un et il a démontré sa capacité à mobiliser des ressourcesfinancières pour mettre ses affaires en orbite.

Ce n’est que partie remise pourPatrick Drahi

Lerefus du conseil d’administration de Bouygues est motivé par les pressionsgouvernementales et les syndicats, d’ailleurs Emmanuel Macron, Ministre de l’Economie,n’était pas très favorable à la consolidation des activités de Patrick Drahidans la téléphonie mobile aux motifs que cette consolidation allait avoir deseffets négatifs sur l’emploi et les investissements. Patrick Drahi est un hommed’affaires secret qui agit toujours de façon cachée, ce qui n’a pas eu l’heurde plaire au gouvernement.

Danstous les cas, Drahi n’est pas homme à se laisser décourager, d’autres affairessont à l’étude et il ne faudra pas être surpris que sur le long terme Bouyguesfinisse par céder aux avances financières de Patrick Drahi qui deviendrait le Tycoonde la téléphonie mobile en France.

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