La France a plus que jamais besoin de ses paysans.

Blocage des routes, fumier etdétritus déversés devant les grandes surfaces et les préfectures...

Comment en est-on arrivé là,alors que les paysans français ont fait de notre pays une des toutes premièrespuissances agricoles mondiales ?

Après guerre, le plan Marshall,en fournissant des semences hybrides et des tracteurs, a profondémentbouleversé les campagnes. La pénibilité du travail des paysans a diminué,ils sont devenus des agriculteurs.

En contrepartie, pour rentabiliser lesmachines, il a fallu regrouper les parcelles, araser les haies, c’est leremembrement. Les paysans se regroupent en coopératives,en syndicats et grâce à la PAC (politique agricole commune) l’Europe atteintl’autosuffisance alimentaire dès 1970.

La France dit alors à sespaysans : « Nourrissez la nation, nous voussoutiendrons » !

Les régions se spécialisentalors : la Bretagne se spécialise dans l’élevage porcin, la Beauce produitdu blé, la Bresse dans les volailles à haute valeur ajoutée...

Dès 1990, la surproduction imposedes quotas et des jachères rémunérées. La France est alors le premierproducteur agricole d’Europe. Mais les citadins, qui ont oublié les problèmesde rationnement de l’après guerre, commencent à considérer les paysans commedes pollueurs voire des empoisonneurs !

La FNSEA principal syndicat estcontestée ? On l’accuse de défendre un modèle productiviste !

Les fonds de la PAC diminuent etl’élargissement de l’Europe à des pays où l’agriculture occupe une placeimportante mais est très en retard au niveau des structures fait que ces paysbénéficient d’aides jadis attribuées à la France.

Et pourtant...

L'industrie agroalimentaire (2èmeposte excédentaire après l’aéronautique) rapporte 9 milliards d’euros. En 2000,elle était la 2ème derrière les Etats Unis ; elle est désormais5ème. C’est pourquoi le revenu des paysans baisse inexorablement.

L’Europe ayant décrété en 2014l’embargo vers la Russie à cause des évènements en Ukraine n’a pas arrangé leschoses. Ce marché semble définitivement perdu.

Les néoruraux se plaignent dubruit, des odeurs, de l'eau qui selon eux est gaspillée...

et chaque année laFrance perd l’équivalent d'un département de bonnes terres agricoles au profitde lotissements, de réseaux de transports...

Les groupes de pressionfustigeant la consommation de viande n’arrangent rien. Pourtant les prairiessont indispensables car elles captent plus de CO2 que les forêts etles vaches fournissent aussi du lait donc des produits laitiers indispensablespour la santé publique.

Enfin l’attribution des marchéspublics pour la restauration collective se conclut sur la base du prix, or lescharges sociales et les contraintes en tout genre ne favorisent pas nospaysans.

Les conséquences de cet état defait sont très simples :

- 3% des exploitations disparaissent chaque année

- un agriculteur se suicide tous les deux jours

Et que dire du poids descentrales d'achat ? Quatre en France qui font la pluie et le beau temps ;elles contrôlent 80% du marché, rognant sur les marges et captant la valeurajoutée des produits.

Dans un autre ordre d’idées, lesclasses moyennes du monde entier sont à la recherche de produits diversifiés etde qualité, ceux qu’offre précisément l’agriculture française, alors n’y a-t-ilrien à faire ?

Les écologistes qui prônent leretour du loup ont-ils conscience des dégâts qu’il cause en décourageant lesbergers obligés de veiller constamment sur les bêtes au lieu de faucher ;de plus il leur faut construire des enclos coûteux... Si le berger s’en va, lamontagne se ferme, les chemins aussi. Pour lutter contre les incendies quandl'herbe est sèche, on enverra les Canadairs !

Le poids de l’agriculture estconsidérable : 3,2 millions d'emplois juste derrière l’artisanat ;14% de la population active travaille dans ce secteur !

La revendication des paysans estlégitime ; ils veulent simplement vivre de leur travail.

Donc : la France a plus quejamais besoin de ses paysans.

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