Au cœur de l'empire industriel Lagardère, dont Matra et les armements constituent le cœur de métier, le père Jean-Luc (dont le décès alimenta des suspicions d'assassinat dans les journaux) avait constitué un impressionnant pôle médias. Le fils Arnaud Lagardère dépèce aujourd'hui les journaux phares du groupe. Celui que les syndicats surnomment "le saigneur des médias", qui avait déjà cédé, ces dernières années, une douzaine de magazines, et réduit les effectifs des rédactions, vend Elle, Tele 7 jours et plusieurs titres de Lagardère Media à un groupe tchèque

Les représentants des salariés dénoncent "le démantèlement d'un groupe prestigieux" constitué, année après année, par le père Jean-Luc Lagardère.

Certains médias Français ont même annoncé la cession prochaine d'Europe 1, de Paris Match et du Journal du Dimanche. Un cadre du groupe Lagardère, joint par téléphone le mardi 15 mai, qui souhaite garder l'anonymat confirme "La vente, dans les prochaines semaines du pôle magazines, dont les titres les plus prestigieux sont Elle et Télé 7 Jours. Mais rien n'est signé pour l'instant avec le magnat des journaux Tchèques. Les sommes dégagées par la vente de ces titres seront réinvesties pour renforcer notre pôle édition, le pôle Travel Retail (N.D.L.R.

: commerce en zone de transport), et la fabrication de contenus, secteurs plus porteurs pour l'avenir... Il n'est pas question de céder à un groupe étranger le Journal du Dimanche, ou Paris Match, ou encore Europe 1, qui restent dans le groupe Lagardère."

Pourquoi le fils Lagardère lâche les médias du père ?

La question du montant de la vente est balayée d'un revers de veste par ce fidèle du groupe, qui répond que "la transaction effective est soumise à la validation par les représentants du personnel...". Dont acte.

Mais les mêmes représentants du personnel s'interrogent sur la liberté de manœuvre et l'indépendance des rédactions concernées par le rachat. Certains n'hésitent pas à rappeler "la fin tragique" du quotidien "France-Soir", après son rachat par un investisseur russe. Cédés au groupe tchèque, France Dimanche, Ici Paris, Télé 7 Jours, Elle, News, Gulli, Mezzo, Doctissimo, etc, conserveront-ils les effectifs actuels ?

Et une liberté de manœuvre au sein des rédactions ?

Si Arnaud Lagardère a déjà vendu une partie de la presse amassée par son père Jean-Luc ces dernières année, on assiste là à la plus grosse réorganisation opérée au sein du groupe. Dans une France où la bataille du rail se poursuit , où des "couacs" ministériels sont observés lorsqu'à Trappes la secrétaire d'état à l'égalité Marlène Schiappa est interdite de café, de nombreux citoyens s'interrogent.

Et la vente d'une partie de la presse française à un éditeur tchèque ne rassure pas les lecteurs concernés qui se demandent "pourquoi le fils lâche les médias du père".

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