Tous les syndicats du quotidien le Dauphiné Libéré se sont émus, suite à cette affaire. Le patron du titre est en effet renvoyé en correctionnel, ce 28 mai 2018, après avoir été placé sous contrôle judiciaire, pour des faits de violences sur sa conjointe, à Tassin dans la banlieue Lyonnaise. "Alors que le Dauphiné Libéré relate sur cinq colonnes le moindre dérapage du citoyen moyen, dans le plus petit village de l'Ardèche ou de l'Isère, la rédaction du titre a failli à sa mission, en occultant ce fait divers grave, perpétré le 8 mars 2018, journée des droits de la femme" souligne un syndicaliste du Dauphiné Libéré, joint par téléphone, et qui préfère conserver l'anonymat.

Dans un communiqué commun, tous les syndicats du journal Rhône-Alpin ajoutent "Le Dauphiné Libéré doit une information transparente aux lecteurs. Au lendemain de la révélation de l'affaire, nous constatons un manquement à cette mission", poursuivent-ils.

Selon la dépêche de l'AFP, les faits imputés à Christophe Tostain se sont déroulés en soirée. Une femme très traumatisée s'est présentée à la brigade de gendarmerie de Tassin pour déposer une plainte, contre son compagnon, suite à des violences conjugales.

Toujours selon les journalistes de l'AFP de Lyon, "les gendarmes se sont rendus au domicile du couple. Là, ils se seraient fait insulter par Christophe Tostain, "très énervé et alcoolisé". Arguant de sa qualité de PDG du Dauphiné Libéré, il a menacé les gendarmes : "je vais vous faire muter". Il a immédiatement été placé en garde à vue".

Christophe Tostain sollicite le soutien des journalistes et salariés

Les syndicats du quotidien déplorent le comportement de leur patron, qui "a sollicité pour une affaire privée le soutien des salariés de l'entreprise".

Conscients que cette affaire risque, à partir du 28 mai, "d'entamer la crédibilité du Dauphiné Libéré" avec une audience publique qui sera relayée par l'ensemble de la presse française, les syndicalistes ont demandé à Christophe Tostain, dans un communiqué écrit, "de prendre ses responsabilités". Va-t-il démissionner s'il est condamné le 28 mai ?

Pour l'instant, Christophe Tostain est présumé innocent, même si le parquet du tribunal de grande instance de Lyon l'a placé sous contrôle judiciaire.

Dans une France où la bataille du rail se poursuit, [VIDEO], où des "couacs" ministériels sont observés lorsqu'à Trappes la secrétaire d'état à l'égalité Marlène Schiappa est interdite de café, de nombreux salariés du journal s'interrogent et partagent ce point de vue d'un syndicaliste du SNJ : "Si un journaliste ou un salarié du quotidien avait été poursuivi pour les mêmes faits de violences, il aurait été suspendu de ses fonctions à titre conservatoire, en attendant la décision de la justice. pourquoi deux poids, deux mesures ?".

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