Après des scènes de guerre à la Busserine, dans les quartiers Nord de Marseille, le 22 mai, où des policiers de la BAC ont été mis en joue, les tueurs aux cagoules noires ont récidivé ce 26 mai et abattu deux personnes, dont un trafiquant de drogue bien connu dans la cité phocéenne. Si le procureur de la république de Marseille s'est voulu très discret sur ces deux affaires, et a effectué le "service minimum" auprès des journalistes, c'est parce que les policiers marseillais travaillent dans l'ombre et ont des pistes sérieuses.

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"Depuis que Jacky Imbert a la réputation d'avoir éliminé, il y a 25 ans, toutes "les racailles" qui avaient tenté de l'assassiner, et depuis que Jacky Imbert est retiré des affaires, différents clans extérieurs à Marseille tentent de prendre le contrôle des quartiers Nord, très lucratifs en terme de prostitution, de racket et surtout de vente de drogue" explique un commissaire de police en poste à Lyon, qui a eu accès aux dossiers., et qui n'hésite pas à comparer cette lutte d'influence à Grenoble en passe d'être la capitale de la prostitution .

Les marseillais tombés sous le feu des lyonnais ?

Cette question est au centre des hypothèses de travail de plusieurs policiers, qui s'attendent à une riposte des marseillais.

Le commissaire de police lyonnais joint par téléphone, mais qui souhaite conserver l'anonymat, ajoute "Dans le milieu, il n'y a pas de grand pardon. Les parrains marseillais ne vont pas laisser "charcler" leurs cadres et porte flingues sans réagir ! Si les tueurs cagoulés sont lyonnais, il y aura une réaction à Lyon dans les prochains jours ou les prochaines semaines. Si les kalachnikovs sont lyonnaises, certaines familles mafieuses de Lyon et leurs proches, ou anciens proches, ont du souci à se faire et devraient se mettre au vert. Nous surveillons particulièrement une des grosses familles du Rhône, capable d'initiatives incontrôlées, depuis que son chef Domenico Coco a été emprisonné pour une durée de 15 ans, en mai 2016, suite au meurtre de deux personnes...".

Visiblement, les policiers redoutent les familles mafieuses sans chef.

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Le ministre de l'intérieur Gérard Collomb aussi. Ce qui explique son déplacement éclair à Marseille dans la soirée du 22 mai et son annonce d'un renfort de 60 policiers. Car, dans le milieu, les parrains évitent de faire parler la poudre et préfèrent discuter pour délimiter les territoires et les zones d'influence. "Une guerre entre clans mafieux est nuisible aux affaires" affirme notre interlocuteur, qui doute que les tueurs des dernières semaines soient de la cité phocéenne. Dans une France déstabilisée par le terrorisme ou par le grand banditisme, mais aussi par des pratiques commerciales illégales, où le grand public consomme la mayonnaise à l'huile de moteur avec absence de suite judiciaire pour les enseignes concernées après les ventes annoncées par Arnaud Lagardère qui brade ses titres phares à un groupe tcheque Czech Media Invest, beaucoup de citoyens s'interrogent sur le développement "d'une économie parallèle"