"Razzia sur la schnouf" version 2018. Mieux que les scénaris et répliques de Michel Audiard, qui s'inspirait de faits réels et de la gouaille des truands parisiens. Livrer deux valises de cannabis à deux poulets, c'est la meilleur façons de se "faire enchrister" par les stups. Et pourtant, cette histoire vraie dépasse la fiction. Jeudi 24 mai à 18 H 30, au nord de Paris, policiers en civil de la brigade anticriminalité de Bondy sont stationnés dans une voiture banalisée. Le commissaire de police en charge du service, joint par téléphone le 25 mai 2018, et qui souhaite conserver l'anonymat, confirme "Nos deux policiers étaient en surveillance discrète d'une voiture volée.

Ils sont alors abordés par deux trafiquants de drogue, vraisemblablement peu chevronnés qui leur demandent si la marchandise est pour eux".

Les deux flics répondent par l'affirmative et se voient remettre deux valisés contenant 67 kilos de cannabis. A l'aide de leurs tasers, ils interpellent les deux trafiquants, les menottent, puis les conduisent dans leurs locaux pour une garde à vue et des auditions qui dureront toute la nuit. Du jamais vu dans les annales des stups, où les grosses prises de drogues nécessitent des mois d'enquête et d'efforts.

C'est du moins ce que nous confirme un "as" des stupéfiants "désormais confronté à des dealers et à des trafiquants de plus en plus jeunes, dont certains ont à peine 17 ans".

Exit le grand banditisme d'hier, remplacé par des "racailles" inexpérimentées

Finie l'époque héroïque de la french connection, des Marcantoni, Jacky Imbert, Domenico Coco, Maurice Vidal, qui se rendaient "sympathiques" aux yeux du grand public, via un certain panache.

"La nouvelle génération, qu'il s'agisse de trafiquants de drogue ou de souteneurs, veut travailler vite et gagner beaucoup rapidement" explique, par téléphone, le patron d'un grand service stups. "La méprise survenue à Bondy ne me surprend pas, car les deux trafiquants avaient, à la fois, peur d'être flingués par des concurrents, et peur de finir à l'ombre s'ils effectuaient une mauvaise rencontre avec la police".

Cette seconde hypothèse leur a peut être sauvé la vie, et ils seront à l'abri des coups de soleil d'un été qui s'annonce torride. Dans une France où Grenoble est en passe d'être la capitale de la prostitution, où le grand public consomme la mayonnaise à l'huile de moteur avec absence de suite judiciaire pour les enseignes concernées, [VIDEO], après les ventes annoncées par Arnaud Lagardère qui brade ses titres phares à un groupe tcheque czech Media Invest, on assiste au développement "d'une économie parallèle" pour reprendre l'expression du patron des stups, qui ajoute, un brin amer, "les jeunes veulent souvent imiter les initiatives punissables de grands groupes, initiatives qui restent impunies !"

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