Visiblement, cheminots et agents SNCF ne partagent pas du tout le point de vue du député Gilles Le Gendre. Si le porte-parole du groupe LREM à l'Assemblée a considéré mardi que la grève devrait pouvoir se terminer à la SNCF, au lendemain d'une rencontre à Matignon, les syndicats de cheminots sont très déterminés à poursuivre le mouvement. Et la 9 ème séquence de grève débutera, sur l'ensemble du réseau, le dimanche 13 mai et se poursuivra le lundi 14 mai, les préavis devant être déposés dans la journée du 12 mai.

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De très grosses perturbations sont donc à prévoir encore et encore.

Ce jeudi 10 mai, aucune perturbation sérieuse n'entravait le trafic, mis à part certains TER et les Intercités. Laurent Brun, secrétaire général de la CGT cheminots, martèle, jour après jour, sa colère contre "une réforme imposée par le gouvernement" sans débat. Dans ce dossier, tout bloque, et le gouvernement d'Edouard Philippe mise sur l'épuisement des grévistes. Le Premier Ministre, dont le cabinet a été joint par téléphone le 9 mai 2018, pourrait être tenté de faire sortir l'UNSA et la CFDT de la grève en accueillant certaines de leurs propositions et en les intégrant dans le texte de la réforme. Matignon semble déterminé à écarter toutes les propositions et contributions de la CGT et de Sud rail.

Des grèves à répétition jusqu'au 29 mai ?

A l'évidence, le bras de fer devrait se poursuivre jusqu'au 29 mai, date d'examen des propositions par le Sénat. Un Sénat qui sera bien embarrassé, puisque la réforme prévoit la suppression de nombreuses dessertes dans les zones de province où la majorité des sénateurs sont élus. De plus, le groupe La République En Marche est très minoritaire dans la haute assemblée que préside le Républicain Gérard Larcher.

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D'un point de vue structurel, le texte du gouvernement demeure vague sur Réseau ferré de France, et sur le colossal travail de mise à niveau des voies SNCF, dont 80 % n'ont pas été restaurées depuis l'après guerre. "Ces dernières ne correspondent plus aux exigences d'un trafic moderne", comme le fait remarquer un syndicaliste, qui préfère garder l'anonymat. Dans une France qui possède bien des atouts, où des médailles sont octroyées aux meilleurs miels des apiculteurs du Sud Est de la France,la république en marche veut sauver les abeilles en Ardèche, de nombreux misent sur le bon sens de tous les interlocuteurs impliqués dans ce dossier.

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