Chacun en avait sans doute déjà l’intuition : la dépendance au Smartphone tend à devenir un véritable phénomène de société. En effet, comme le révèle une étude IPSOS réalisée en partenariat avec la SFAM, groupe spécialisé dans les assurances pour mobiles, les smartphones tiennent une place toujours plus importante dans la vie des Français.

Anxiété et addiction

Près de 45% des Français passeraient ainsi entre deux et six heures par jour sur leur précieux téléphone portable. Selon l’étude IPSOS-SFAM, les fonctions privilégiées sont les appels (87%), les photos (56%), les jeux (39%), ou encore les applications de messagerie (33%).

Outre les problèmes que cela peut entraîner sur la vie sociale, familiale, amicale ou encore au travail, cette présence toujours plus importante du smartphone dans nos vies favoriserait des comportements addictifs pouvant mener à des pathologies problématiques. Ainsi, 63% des personnes ayant perdu leur téléphone ont déclaré avoir développé par la suite un sentiment d’anxiété. Dans la mesure où une part toujours plus importante de notre vie privée - et aussi parfois de notre budget - appartient à nos smartphones, et étant donné que seul un quart des utilisateurs dispose d’assurances en cas de perte ou de vol, la peur de voir disparaître notre compagnon numérique devient pour certains pathologique.

Le professeur Nicolas Franchitto, chef du service en addictologie au CHU de Toulouse rapporte que certains patients traitent leur téléphone comme un "e-doudou". Et le phénomène a même un nom dédié : la nomophobie. Issu de l’expression britannique « no phone mobile phobie », il renvoie à la peur d’être séparé de son smartphone.

Un enjeu de société

Attention toutefois, si la nomophobie est bien une phobie, ce n'est pas une maladie. Certes, elle a de réelles conséquences sur les gens : certains se sentent tendus lorsqu'ils n'ont pas leur portable, voire ont la boule au ventre, poursuit l’addictologue.

Selon l’étude IPSOS-SFAM, près de 3 milliards de personnes utiliseront un téléphone portable d’ici 2020. Le phénomène est donc mondial et pourrait devenir dans de nombreux pays un véritable problème de santé publique. Parmi les symptômes alarmants, il faut signaler le sentiment de perte de contrôle, la compulsion à vouloir s'en servir, sans prise de recul, sans faire de pause explique le professeur Franchitto, en précisant toutefois que des solutions permettent d’éviter d’être dépassé.

« Supprimer les notifications push », « essayer de ne répondre qu’à une sollicitation sur deux », « utiliser la fonction ne pas déranger » ou encore « passer l’écran en noir et blanc » sont autant d’initiatives simples à mettre en œuvre pour éviter l’addiction ou du moins, la limiter.

Une demande de fonctionnalités nouvelles

Les demandes prioritaires des utilisateurs ont également été analysées par l’étude IPSOS-SFAM. Un Français sur trois voudrait par exemple pouvoir protéger ses données personnelles grâce à un système de sécurité anti-piratage inclus dans son mobile. Par ailleurs, un sondé sur quatre déclare vouloir des appareils photo plus performants et un sur cinq souhaiterait pouvoir voir les évolutions de son état de santé depuis son smartphone. Au fur et à mesure des développements technologiques et de l’arrivée quotidienne de nouvelles applications, il sera donc de la responsabilité des personnels médicaux spécialisés, de l’État, des parents, mais aussi de chacun, de sensibiliser les plus jeunes sur les enjeux liés à une utilisation excessive de nos smartphones.

Sans cela, il sera difficile de limiter les phénomènes d’addiction ainsi que leurs conséquences pathologiques.

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