Chaque semaine, Lucien Converset, 82 ans, ancien curé de Dampierre dans le jura, utilise la liaison SNCF ter pour se rendre à Dôle, ville distante de 18 kilomètres, puis utilise le même moyen de transport pour le retour. Ce court trajet lui est habituellement facturé 3,50 euros. Il y a quelques jours, l'ancien prêtre, malvoyant, ne peut acheter son billet, au guichet de la gare de Dôle, car le comptoir de vente est fermé, pour cause de grève. Lucien Converset ne peut utiliser les automates, qui sont inaccessibles en raison de son handicap.

Une fois dans le train, il se présente de suite au contrôleur.

Et le contrôleur le sanctionne par une forte amende de 100 euros, en lui précisant "Moi, je ne suis pas là pour vendre des billets de train !". Contacté ce 25 juin par téléphone à son domicile, Jean Converset confirme les faits dénoncés par le quotidien l'Est Républicain et ajoute : "Si j'ai tenu à médiatiser ma mésaventure, c’est parce que je souhaite, au-delà de mon cas personnel, que la SNCF et la Région Bourgogne-Franche-Comté, autorité organisatrice de transports, en tirent les enseignements au profit de la collectivité, en particulier des personnes en situation de handicap ou illettrées…".

La SNCF annule l'amende infligée au curé malvoyant

Le coup de gueule de l'ancien curé de Dampierre semble avoir porté ses fruits.

Pour se repentir, la direction de la SNCF nous confirme avoir annulé l'amende de 100 euros et étudié la mise en place de systèmes susceptibles d'accueillir les malvoyants. Ce cas ne serait pas isolé, selon plusieurs syndicats d'usagers de la SNCF. "Les ventes de billets et la fermeture de nombreuses gares, les suppressions d'emplois, pénalisent les personnes handicapées, les personnes âgées qui ne possèdent pas de carte bleue, ou encore une partie du monde rural" explique un syndicaliste SNCF de Besançon, joint par téléphone et qui souhaite conserver l'anonymat.

Dans certains départements comme l'Ardèche, il n'y a plus de liaisons voyageurs, même si les agents de la gare SNCF d'Annonay continuent de vendre des billets de train pour les directions de Valence ou de Lyon. Plus de rail non plus pour faire arriver un train en gare d'Annonay. Mais, le comptoir de vente de billets, lui, est resté intact avec ses quatre agents SNCF.

Le curé Jean Converset était venu à Dôle pour soutenir les grévistes SNCF

Dans une France où une partie de la population conteste les dysfonctionnements sans être entendue, après la mayonnaise à l'huile de moteur et l'absence de suites judiciaires pour les enseignes concernées, après les ventes annoncées par Arnaud Lagardère qui brade ses titres phares à un groupe tchèque czech Media Invest, on assiste à des situations cocasses qui font rire, mais qui énervent les personnes concernées.

Le prêtre malvoyant Lucien Converset vient de recevoir une lettre du PDG de la SNCF Guillaume Pepy, qui fait son "mea culpa", après la mayonnaise médiatique qui a commencé à monter. Pour la petite histoire, le curé Jean Converset était venu à Dôle pour soutenir les grévistes SNCF et les usagers des transports.

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