Les premières rafles des juifs français se sont déroulées à Paris, en juillet 1942. Elles constituent un tache indélébile dans l'histoire de France, "car les responsables de l'état français et de la préfecture de police de Paris connaissent le sort qui allait être réservé aux juifs, ainsi que l'existence des chambres à gaz" selon l'écrivain américain Robert Paxton, spécialiste de la seconde guerre mondiale, joint par téléphone dans sa résidence secondaire en Bourgogne, où il séjourne chaque été.

Sans vergogne et sans honneur, la préfecture de police de Paris dressait, le 20 juillet 1942, un tableau de chasse des juifs arrêtés, où figurent 4 115 enfants et 5 919 femmes. Neuf mille policiers et gendarmes français assistés de trois cents à quatre cents militants du Parti populaire français de Jacques Doriot, venaient de participer à cette opération inhumaine, en arrêtant des réfugiés ou des civils sans défense pour leur confession religieuse.

Plus de 10 000 juifs arrêtés étaient des femmes et des enfants

Durant ces journées, la préfecture de police de Paris et les forces de l'ordre ont déshonoré la France. Robert Paxton et tous les historiens ayant eu accès aux archives sont formels : "La première grande rafle des israëlites a été entièrement menée par des policiers, gendarmes, miliciens français, sans le concours des militaires et gestapistes allemands, trop occupés dur le front de l'Est….". La rédaction de Blastingnews se devait de rappeler cette tragédie, conduite par des forces de l'ordre qui diront plus tard "on a obéi aux ordres" !

Il n'y avait que 3 118 hommes sur les 13 152 juifs arrêtés, selon les statistiques établies par l'état major de la préfecture de police de Paris, le 20 juillet 1942. Des statistiques qui peuvent être consultées aux archives de l'armée française, au château de Vincennes.

Cette première arrestation de masse en France, appelée par la suite "rafle du Vél'd'hiv" s'inscrivait dans le cadre d'un plan européen, élaboré par les nazis, et coordonné dans toutes les capitales européennes. Baptisée opération "vent printanier" par les dirigeants du 3ème Reich, cette monstrueuse initiative fut déclenchée le même jour dans de nombreux pays occupés par l'armée allemande.

Le président Jacques Chirac a reconnu la responsabilité de la France

En France, il faudra attendre le début des années 2000 pour qu'un président de la République, Jacques Chirac, reconnaisse la "responsabilité de la France, de ses policiers, de ses gendarmes" et présente des excuses officielles, au nom de la république française à la communauté juive et aux survivants de la shoa.

Dans une France revendicative, où beaucoup de citoyens déplorent la mayonnaise à l'huile de moteur et l'absence de suite judiciaire pour les enseignes concernées, ou encore les ventes annoncées par Arnaud Lagardère qui brade ses titres phares à un groupe tchèque czech Media Invest, on est loin des événements dramatiques de l'été 1942.

Lorsque la France vivait les heures les plus sombres de son histoire.

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