C'est une première, du jamais vu. Le groupe Carrefour est assigné en justice par la CGT pour détournement de fonds destinés à créer des emplois. Avec une question à la clé : une entreprise peut-elle supprimer des postes quand elle a touché le CICE, ce crédit d'impôt censé améliorer la compétitivité et l'emploi ? La question a été posée le jeudi 24 octobre au tribunal de grande instance de Marseille, avec un verdict prévu le 21 novembre.

L'affaire remonte à quelques années. Le gouvernement de François Hollande avec créé une mesure forte, le CICE (crédit d'impôt pour la compétitivité et l'emploi), une aide financière aux entreprises afin qu'elles créent plus d'embauches. Le groupe Carrefour a alors sollicité et obtenu 755 millions d'euros, mais n'a créé que 259 emplois. Pire : quelques années plus tard, Carrefour a supprimé de nombreux emplois. 1875 postes en 6 ans ! Du jamais vu dans une grande entreprise française.

1 875 postes supprimés en six ans

Carrefour hypermarchés a-t-il bénéficié de 755 millions d'euros sans créer d'emplois et en réduisant les postes existants ? Les syndicats du groupe s'interrogent et attendent des réponses claires.

Contacté ce mercredi 30 octobre par téléphone, Laurent Vallée, secrétaire général du groupe Carrefour, dément les accusations de la CGT et précise : "Chez Carrefour, le nombre d'emplois est le même. Il y a peut-être moins d'emplois dans les hypermarchés et supermarchés, mais des emplois ont été créés dans d'autres formats…..".

A la barre du tribunal, les plaignants ont affirmé "qu'il y a eu fraude au Cice" et ont dénoncé les méthodes de la direction de Carrefour.

"L'enseigne devait créer des emplois avec les 755 millions d'euros. Elle a supprimé 1 875 postes" ont clamé les représentants du syndicat CGT. Pas d'accord pour laisser le monstre de la grande distribution gloutonner les emplois des travailleurs, avec une aide financière de l'état.

Carrefour prétend défendre l'emploi

A la barre du tribunal de grande instance de Marseille, l'avocat du groupe Carrefour Nicolas Dujon d'Astros explique : "Il n'y aura aucun licenciement économique…. Nous nous inscrivons dans l'amélioration de la compétitivité et dans la défense de l'emploi….". Rires dans la salle d'audience.

"Il a osé" déclare un syndicaliste à la sortie du tribunal. "Les suppressions de poste sont là…."

Dans une France où Grenoble est en passe d'être la capitale de la prostitution, où le grand public consomme de la mayonnaise à l'huile de moteur, beaucoup de Français assistent au développement de "la loi du plus fort".

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