Une source policière le confirme. "Mardi, deux interpellations ont été menées en simultanée à Corbas dans le Rhône et à Bourg-en-Bresse dans l’Ain", explique un commissaire de police Lyonnais, joint par téléphone ce jeudi 30 avril 2020, et qui préfère conserver l'anonymat en raison de l'ouverture d'une instruction.

Selon les informations fournies par notre interlocuteur : "Notre attention avait été attirée par plusieurs individus, qui procédaient, ces dernières semaines, à l'acquisition d'armes à feu, via des annonces et internet, et qui recherchaient des explosifs. Il semblait évident que ces personnes préparaient une opération spectaculaire.

Les interceptions téléphoniques ont confirmé l'urgence d'agir pour les neutraliser".

Le RAID intervient avant un probable attentat

Mardi à l'aube, les policiers et le Raid ont mené une opération coordonnée, minutée, à Corbas, dans la banlieue Lyonnaise, et à Bourg-en-Bresse, chef lieu de département de l'Ain. En quelques minutes, deux personnes ont été interpellées à Corbas (le militant d'ultra gauche soupçonné et la personne qui l'hébergeait) et un second individu ont été arrêtés à Bourg-en-Bresse. Sans un coup de feu selon la police.

La police, appuyée par le RAID, a arrêté deux individus membres de l’ultra-gauche. Agés d’une cinquantaine d’années et dotés d’un casier judiciaire déjà fourni, ils sont soupçonnés d’avoir préparé une action armée contre les forces de l’ordre.

C’est en les voyant acquérir des armes à feu que les enquêteurs ont tiré la sonnette d’alarme.

Les deux militants d'ultra gauche présentés ce jour au parquet

Ce jeudi 30 avril, après le temps de garde à vue, les deux militants d'ultra gauche soupçonnés seront déférés au parquet. Des quantités importantes d'armes ont été retrouvées aux domiciles perquisitionnés à Bourg-en-Bresse et à Corbas, selon la police.

Le propriétaire de la maison de Corbas a pu prouver sa bonne foi. Il ignorait les intentions de l'homme qu'il hébergeait. Il a donc été remis en liberté par la police sur instruction du procureur de la République de Lyon.

Les dernières menaces de l'ultra gauche remontent à décembre 2019

Les dernières actions violentes de l'ultra gauche remontent aux 13 et 14 décembre 2019, lorsque le collectif ACAB demandait l'organisation d'une "nuit bleue" contre les commissariats et les casernes de CRS (compagnies républicaines de sécurité).

Les membres de ce collectif avaient aussi adressé des lettres de menaces de mort à des policiers et à des CRS, à leur domicile. Durant ces deux journées, aucun militant n'était passé à l'acte. L'ACAB était restée au stade des menaces.

Très impliquée dans la lutte contre le grand banditisme de Lyon où le sang des caïds pourrait couler ou encore dans la ville de Grenoble en passe d'être la capitale de la prostitution, la police judiciaire, la police urbaine et le Raid sont désormais confrontés à une nouvelle menace : les attentas politiques comme à l'époque d'action directe.

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