Dans une note confidentielle du Service central du renseignement territorial datée du 8 mai 2020, que nos confrères de la rédaction du Point se sont procurés, le gouvernement a été informé d'une seconde vague de Gilets jaunes, prête à en découdre avec le gouvernement et animée par la haine du pouvoir.

La 2ème vague de Gilets jaunes prône un soulèvement populaire

Chargés de suivre les mouvances politiques nationales et locales, les agents du service de renseignement territorial (SCRT) ont véritablement tiré la sonnette d'alarme, en fournissant au pouvoir politique les principales cibles de cette 2ème vague de Gilets jaunes, dont les plus extrémistes entendent "faire tomber" Emmanuel Macron et son gouvernement.

Ce rapport précis, pris très au sérieux à l'Elysée, a incité le ministère de l'Intérieur à faire placer en garde à vue, dès le 11 mai 2020, Christophe Chalençon, figure emblématique du mouvement, qui avait lancé un appel au soulèvement populaire sur les réseaux sociaux.

Un commissaire des services de renseignements de Lyon, joint par téléphone mercredi 13 mai 2020, et qui préfère conserver l'anonymat, confirme "l'authenticité des informations révélées par la rédaction de l'hebdomadaire le Point". Il ajoute : "Les Gilets jaunes se sont soumis au confinement. mais ils ont mis à profit cette période pour réfléchir aux actions futures, se coordonner, étudier des modes d'actions plus violentes susceptibles d'ébranler le pouvoir en place…"

Les Gilets jaunes de mai 2020 seraient plus combatifs que ceux de 2019

Notre interlocuteur (ancien des renseignements généraux) qui pratique l'infiltration et le renseignement depuis une trentaine d'années parle "d'une situation inédite et d'une panique au niveau de certains ministères".

Il ajoute : "Les Gilets jaunes version mai 2020 sont plus combatifs que ceux de l'automne 2019, plus animés par une haine du pouvoir en place. Ils évoquent les contradictions du pouvoir, son incapacité à gérer la crise du coronavirus, la nécessité de créer des comités de travailleurs sur chaque site d'entreprise, et préconisent des sabotages, au niveau des antennes relais par exemple, ou des incendies de sites stratégiques, afin de déstabiliser le gouvernement…".

Dans les services de renseignements, on pointe du doigt des Gilets jaunes plus combatifs, qui pourraient être noyautés par des "mouvances plus radicales", et qui auraient bénéficié de conseils, via internet et les réseaux sociaux, pendant la longue période du confinement.

"Ces éléments visent l'économie du pays", révèle un policier du Renseignement. "Ils envisagent des actions contre la grande distribution en bloquant les caisses, par exemples, ou contre les approvisionnements".

Le rapport des agents de renseignement est pris très au sérieux au sommet de l'état. En plus de la garde à vue de Christophe Chalençon, plusieurs Gilets jaunes de la région parisienne, "catalogués anti-flics" ont été placés, eux aussi, en garde à vue, dès le 11 mai.

L'un d'eux était fiché pour avoir mené des actions violentes, notamment des incendies sur la voie publique, durant les grosses manifestations du mouvement.

Les Gilets jaunes ont profité du confinement pour réfléchir et se former

Dès la fin du confinement, le 11 mai, des militants qui se réclament du mouvement des Gilets jaunes ont tenté de se rassembler, notamment à Paris. Les mesures de déconfinement prises dans le cadre de l'état d'urgence sanitaire proscrivent pourtant ce type de regroupements. Le Service central du renseignement territorial (SCRT) qui suit les mouvances politiques radicales n'a pas été surpris pour autant.

Dans ce contexte difficile, où policiers et gendarmes doivent faire face à la lutte contre le grand banditisme de Lyon où le sang des caïds pourrait couler ou encore à la situation difficile de la ville de Grenoble en passe d'être la capitale de la prostitution, les décideurs politiques savent que les forces de l'ordre ne peuvent être sur tous les fronts.

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