En France, pour l'année 2018, le recyclage des emballages a permis d'éviter l'émission d'1,5 million de tonnes de CO₂. C'est comme si 780 000 voitures circulaient toute l'année selon des données du site Citeo. Le recyclage est de plus en plus plébiscité par les Français et certaines entreprises comme GreenBig se sont intéressées au domaine depuis maintenant une dizaine d'années.

Composée de moins de 15 personnes, GreenBig a lancé une machine, b:bot, qui permet la collecte des bouteilles plastique avec un système assez singulier et innovant. Exclusive, cette machine permet un stockage de 3000 bouteilles dans moins d’1m² essentiellement situées dans les supermarchés.

Basée à Rouen et Paris, cette jeune pousse permet notamment de transformer de simples bouteilles en plastique usagées en paillettes. Benoît Paget, le président de GreenBig, répond aux questions de Blasting News.

Vous présentez votre technologie comme une ‘solution révolutionnaire pour le recyclage’. Qu’est-ce-qui vous démarque ?

Notre approche est avant tout économique. Notre enjeu est de recycler une matière où il y a beaucoup de demandes (plastique) avec un coup à la tonne qui sera inférieur au prix de revente de cette matière à la tonne. C’est un modèle qui n'a pas besoin de subventions de financement public grâce à la revente de la matière recyclée. Finalement, c’est cette différence qui se veut révolutionnaire.

Votre machine n’est pas qu’une simple collecte de bouteilles plastiques, comment fonctionne le projet ?

C’est une machine qui intègre beaucoup l’intelligence, le digital. Nous expliquons aux consommateurs qui ramènent leurs bouteilles pour les recycler le chemin que va parcourir la bouteille. Nous les récompensons et leur prouvons que leur geste est utile.

Ainsi, ils apportent beaucoup de bouteilles dans la machine ce qui nous permet d’avoir des coûts moins importants.

Plus d’un Français sur deux trie quotidiennement ses déchets. Selon vous, est-ce une mode ou une profonde modification de nos modes de vie sur le long terme ?

C’est assez peu un Français sur deux.

Le problème aujourd’hui, c’est qu’il faudrait que 100% des Français trient et ce, systématiquement. Le tri qui est fait par le consommateur permet de simplifier toute la chaîne de recyclage. Ce qui est fait par le consommateur est ce qui coûte le moins cher.

Il faut arriver à faciliter le geste de tri et le rendre le plus simple facile pour le consommateur mais cela ne veut pas dire mettre des poubelles où ils mélangeraient tous leurs déchets recyclables, car trier ses déchets c'est par exemple séparer les bouteilles des canettes. Cela envoie une injonction contradictoire et le consommateur se demande ce qui passe après.

A mon sens, on gagnerait à être plus clair sur les consignes de tri. Quand on sait qu’à Paris ou Marseille, une bouteille sur dix est recyclée, cela prouve bien qu’il y a des failles dans le système dont une sorte de méfiance de la part des consommateurs.

En 2018, votre start-up a réalisé une levée de fonds de plus de 2 millions d’euros (source : l’Usine nouvelle). Peut-on affirmer que le recyclage est un secteur en devenir ?

Oui parce que le recyclage s’inscrit aujourd’hui dans le principe d’économie circulaire qui induit le fondement suivant : nos déchets sont des ressources. Une bouteille plastique n’est plus un déchet mais une ressource.

Considérant que notre planète s’appauvrit, il faut donc qu’on soit beaucoup plus efficients sur les produits que l’on jette.

On fait une économie sur les ressources naturelles et les bouteilles ne seront plus jetées dans l’océan. La bouteille plastique n'est donc plus polluante mais une ressource utile. C’est donc bien sûr un secteur d’avenir qui est de fait, plus attrayant.

L’industrie du plastique profite de la crise du Coronavirus et les demandes sont en hausse à tous les niveaux. Quel est l’impact pour vous ?

Je pense que c’est une mauvaise nouvelle. Il y a une fausse idée que le plastique est une barrière sanitaire sur un certain nombre de produits comme les légumes emballés dans le plastique. C'est quelque chose contre laquelle il faut lutter.

Par ailleurs, le plastique a effectivement des avantages dans certains cas.

Le jetable permet de mettre en oeuvre des choses intéressantes. Après il faut arrêter de croire que le plastique n’est qu’un déchet.

La mauvaise nouvelle, c’est donc une surconsommation de plastique mais aussi l’arrêt partiel d’un certain nombre de centres de tri qui sont pourtant un maillon important de la chaîne de recyclage. Si il n'y a pas de tri, il n'y a pas de recyclage. Il y a eu plus de plastique et moins de tris.

La crise sanitaire oblige à changer nos modes de fonctionnement et à laisser passer certaines réglementation sur le gaspillage et le recyclage, vous êtes vous fixés de nouveaux objectifs directement après cette crise inédite ?

Je pense qu’il ne faut pas amalgamer une crise sanitaire avec un enjeu environnemental.

La crise sanitaire ne vient pas d'un problème écologique.

Cependant, il faut mettre en œuvre des solutions concrètes pour répondre à cet enjeu. Par exemple, le plastique tel que l’on connait, n’existera plus dans vingt ans selon moi. Il y a aussi peut être eu une prise de conscience sur notre impact de nos émission carbone. Avec moins d’entreprises qui tournent, moins de voitures sur la route, on a compris qu’on pouvait rapidement trouver des solutions qui nous permettront de renverser la vapeur.

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