Lorsqu'un commerçant, restaurateur ou même le dernier bar où vous êtes allés siroter un cocktail prend votre commande, il dégaine souvent son iPad. Bien plus qu'une simple prise de commande, derrière son écran, il dispose d'un logiciel. Un véritable éco-système qui lui permet notamment de servir une caisse enregistreuse 2.0 inventée par une start-up française en 2014 : Tiller Systems. Cette solution intelligente et connectée aide notamment les restaurateurs à piloter leur activité à l'heure du Covid-19. Pour évoquer la situation liée au confinement et les conséquences concrètes sur ces restaurateurs, Dimitri Farber, le co-fondateur de Tiller Systems, répond à Blasting News.

De quel constat êtes-vous partis pour créer cet écosystème innovant ?

On a créé Tiller il y a un peu plus de cinq ans. L’idée de base, c’était d’accompagner les restaurateurs à faire le pas du digital et à se développer. On connait bien le secteur de l’hôtellerie, mes deux associés (Josef Bovet et Scott Gordon) viennent du groupe Accor. On s’est dit que la restauration allait suivre cette digitalisation des hôteliers comme Expedia, Booking etc.

Vous proposez une solution de caisse enregistreuse tactile, comment ça fonctionne ?

Concrètement, on est parti du constat qui consiste à trouver le point névralgique d’un restaurant et d’un bar, à savoir la caisse enregistreuse. On a donc développé une caisse enregistreuse sur iPad, simple, intuitive et 7 à 10 fois moins cher que ce qui se faisait sur le marché à l’époque.

Mais la vraie innovation qu’on a apportée, c’est le back office, une analyse un peu plus poussée avec une plateforme qui lui apporte des données sur sa performance. Enfin, pour aider les restaurateurs à choisir parmi toutes ces solutions comme Deliveroo, Ubereats, Lafourchette, on a créé une App Store, une Marketplace intégrée à la caisse Tiller pour leur permettre d’activer ces plateformes facilement.

Avez-vous subi ou au contraire tiré profit de cette crise du Covid-19 ?

Effectivement, nous avons été assez affectés mais le chômage partiel nous a bien aidés et les restaurateurs ont tout de même continué à vendre grâce au click & collect. Nos clients n’ont jamais complètement fermés, entre 15 et 20 % d’entre eux sont toujours restés ouverts.

Les restaurateurs et les commerçants qui figurent parmi vos clients principaux ont fortement été paralysés par le confinement. Comment les accompagner demain ?

Notre produit a l’avantage d’être assez normé et assez central. Ils ont toujours besoin de cette caisse enregistreuse. On a essayé de mettre en avant toutes les nouvelles possibilités qui peuvent venir apporter des nouveaux business aux restaurateurs. À travers l’écosystème auquel ils vont avoir accès, c’est leur permettre de ramener de nouvelles commandes, de nouvelles réservations avec Ubereats, Deliveroo, Lafourchette et les autres …

La réouverture totale des restaurants en France s’est faite tardivement par rapport aux voisins européens.

Avez-vous ressenti une hausse significative de l’activité depuis le 27 juin ?

Nous avons 8500 clients sur la partie restauration. En temps normal, on est toujours à 95%. À la date de fermeture administrative des restaurants liée au confinement, on est redescendu à 22% de notre base qui était active. Sur la semaine 13, on est descendu jusqu’à 10% de restaurants ouverts. Progressivement, ces chiffres sont montés jusqu’au déconfinement du 11 mai où nous étions quasiment à 30%. Les restaurants ont pris deux voire trois semaines pour comprendre la situation, évaluer aussi certains coûts qui ont pu être décalés. On a ensuite un pic assez radical en semaine 20, avec 50% de nos clients qui ont réouverts.

Certains entrepreneurs repensent leur manière d’envisager le futur de leur entreprise, avez-vous de nouvelles perspectives ?

On a vraiment voulu structurer notre équipe autour de l’Europe du Sud, France, Espagne, Italie. L’Italie qui reste c’est le plus gros marché européen en termes de nombre de commerçants. On a toujours des projets de développements sur les pays proches Portugal, Suisse, Autriche, Allemagne, Grande-Bretagne etc. Mais c’est vrai que le Covid-19 a réduit nos ambitions à court terme. Dans les années à venir, on ira chercher ces marchés.

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