Une offre de cotransport, une mutualisation de transports entre producteurs : c’est ce que l’on retrouve avec Le Chemin Des Mûres. Ainsi donc, le transport de marchandises complémentaire entre les différents acteurs du secteur devient une mission de premier plan.

L’entreprise créé il y a un an, l’application vient tout juste d’être lancée en septembre dernier. Cet outil repose sur le collaboratif. Il est question d’une communauté de producteurs mutualisée pour leurs transports de produits. Notons que cette offre innovante est même gratuite jusqu’en décembre prochain. Nils Olivier, Président et cofondateur du Chemin Des Mûres, évoque avec Blasting News, la genèse de sa start-up innovante pour notre projet BlastingTalks.

Un projet qui veut découvrir les challenges des entreprises durant leur évolution et dans le contexte particulier de la crise sanitaire.

Peut-on dire que votre application de co-transport des produits locaux révolutionne la logistique de ces transports de marchandises ?

Aujourd’hui le problème du transport des produits alimentaires de proximité c’est que les producteurs s’adressent à des clients qui sont soit des consommateurs, soit des commerces de proximité. Quand ils traitent avec ce type de clientèle, ils traitent des commandes de faible volume, avec une grande irrégularité. Les flux à livrer sont donc fragmentés. C’est alors très compliqué de remplir les véhicules pour rentabiliser une tournée de livraison, et la viabilité des circuits de proximité en pâtit.

Notre innovation reposant sur des outils algorithmiques de pointe pour organiser et massifier le transport est bien révolutionnaire.

Est-ce-que cela va permettre aux producteurs de vraiment changer globalement leurs habitudes de commercialisation pour passer en circuit de proximité ? Nous l’espérons. Dans ce cas-là on pourrait aussi parler de révolution des pratiques même si aujourd’hui, il est encore un peu tôt pour faire ce constat vu qu’on vient de commercialiser.

Vous proposez un engagement concret pour l’agriculture, est-ce-que les politiques publiques comme celle de la PAC ou de la FNSEA commencent à périmer ?

Au vu des enjeux agricoles actuels pour faire face aux évolutions de notre société, il convient de sortir des schémas habituels. Notre contribution consiste à faire intervenir des technologies qui n’ont jamais été vues dans le monde du transport agricole. Nous voyons mal les fédérations, les politiques, les organismes existants être à l’origine de tels bouleversements rapides. Pourtant nous avons besoin de leur collaboration pour que les nouvelles pratiques se déploient auprès des acteurs de l’alimentation.

77 % des Français disent soutenir l’économie locale.

Le confinement a-t-il accéléré cette tendance ?

Oui complètement. Pendant le confinement nous avons vraiment observé un retour des Français vers la vie de proximité. En fait, l’instinct de sécurité c’est de se tourner vers son territoire, vers une autonomie territoriale et régionale. On comprend rapidement que si les crises environnementales et sanitaires se multiplient, il convient de mettre en place des systèmes résilients et pérennes pour accéder aux produits de proximité.

Pendant la crise du COVID-19 la réduction de nos déplacements a conduit à la plus grande diminution d'émissions de carbone jamais enregistrée, selon la BBC. Pensez-vous que cette tendance va suivre ou se poursuivre dans les esprits des industriels ?

Le confinement a eu comme conséquence une réduction des activités habituelles de transport de la part des particuliers et des professionnels. Cela a eu un impact effectivement sur les émissions de carbone. Sauf qu’aujourd’hui on repart sur une économique qui a précédé la COVID-19. C’est-à-dire que l’on ne va pas changer du jour au lendemain tous nos modes de fonctionnement. Il va falloir du temps, une implication des pouvoirs publics, des particuliers mais aussi des pouvoirs financiers.

Selon moi, c’est une danse à trois pour faire changer les choses avec les différents acteurs de l’économie. Il y a une prise de conscience en France et dans le monde sur le fait qu’il faut faire évoluer les circuits économiques actuels pour une plus grande autonomie et surtout une plus grande préservation de notre environnement.

La question est maintenant de trouver le courage collectif pour passer d’une prise de conscience à un acte d’adaptation salutaire, avec des efforts considérables à fournir et des sacrifices à consentir.

Comment fonctionne réellement vos technologies d’optimisation des routes ?

Notre technologie est issue de l'Institut national de recherche en informatique et en automatique (Inria) qui permet d’apporter l’intelligence algorithmique nécessaire pour traiter tous ces petits besoins de livraison et les mutualiser dans des tournées optimales. En prenant en compte toutes les contraintes de livraison des différents producteurs, nous sommes capables de les mutualiser en temps réel dans des véhicules, de manière la plus performante possible, en leur apportant des garanties de résultat sans effort d’adaptation opérationnelle.

Quels sont les retours que vous recevez du côté des producteurs ?

Certains producteurs se sont essayés au local et à la vente directe aux particuliers pendant le confinement parce qu’ils se sont rendu compte que c’est ce qu’il y avait de plus simple pour écouler leur production. Malheureusement, certains d’entre eux sont dans des zones maraîchères qui sont très éloignées des zones de consommation.

Les producteurs ont compris qu’il n’était pas durable de passer la moitié de leur temps en livraison et qu’on ne pouvait pas passer à du local du jour au lendemain, sans s’organiser efficacement pour le transport et la distribution.

Qu’est-ce-qui manque concrètement à la France pour garantir une alimentation plus locale selon vous ?

Il faudrait mettre en place des circuits intelligents avec des points de distribution bien pensés. On ne peut pas faire de commerce sans logistique. C’est le seul moyen pour que le commerce de proximité devienne aussi attractif, économiquement parlant, que le commerce en circuit long.

Peut-on envisager que ce modèle disponible aujourd’hui chez nous en France, s’exporte en Europe ou dans le monde ?

Nous avons déjà des contacts avec la Belgique ou le Québec qui expriment les mêmes besoins qu’en France au niveau de la logistique lorsqu’on veut mettre en place des circuits de proximité. On voit bien qu’il y a des opportunités autour de la France et on aimerait s’y exporter le plus rapidement possible.

Suivez la page Covid-19
Suivez
Suivez la page Emmanuel Macron
Suivez
Suivez la page BlastingTalks
Suivez
Ne manquez pas notre page Facebook!