A l'automne dernier a débuté la construction du nouveau siège de Microsoft Deutschland à Munich-Schwabing. Le bâtiment met fin à l'ère des bureaux individuels : les salariés bénéficieront d'espaces de travail modernes répartis sur six étages. Grands open spaces, larges salles de réunions, un café et des coins salon design accueilleront ceux qui viendront y travailler. Car les collaborateurs auront le choix d'y être présents ou pas.

Baptisé « lieu de travail fondé sur la confiance », le nouveau modèle proposé permet en effet aux salariés d'être totalement libres de choisir où travailler : à leur domicile, dans un café, au bureau… Une liberté rendue bien sûr possible par les nouvelles technologies.

Publicité
Publicité

L'accord a ainsi été signé en septembre 2014 entre Microsoft et son comité d'entreprise.

Terminé aussi le temps de présence minimum obligatoire dans les locaux de l'entreprise. Car en effet, qu'est-ce qui garantit qu'un salarié qui « fait ses heures » est plus efficace que celui qui travaille de chez lui et à son rythme ? Les cadres sont juste tenus d'organiser une réunion hebdomadaire au bureau, obligatoire pour tous.

Autre condition posée, la réalisation des objectifs individuels. La direction mise donc sur une nouvelle culture du travail, où qualité et résultats probants doivent l'emporter.

Microsoft gagne en même temps en attractivité pour les jeunes diplômés : la nouvelle génération veut davantage concilier vie professionnelle et vie privée pour trouver le meilleur équilibre possible.

Publicité

Ainsi, travailler de chez soi tout en gardant un enfant malade devient alors possible sans virer au casse-tête. Mais attention, la formule du télétravail n'est toutefois pas obligatoire. Les salariés plus âgés, qui ne sont pas forcément les plus demandeurs de ce mode de fonctionnement, peuvent toujours venir au bureau. Ils n'y trouveront toutefois plus une place attitrée comme avant.

Se pose tout de même la question de la frontière entre vie professionnelle et vie privée. Comment le salarié qui choisit de rester chez lui parviendra-t-il à gérer ses temps de travail et ses temps de loisirs ? A l'heure de la connectivité quasi permanente, comment s'astreindra-t-il à ne pas être disponible tout le temps ? Consciente de ce possible dérapage, Microsoft a cherché à aider ses collaborateurs à bien définir les limites : un guide a ainsi vu le jour, fixant des règles pour préserver malgré tout les heures de repos (soirées, week-ends, vacances, congés maladie…). Le but ? que le salarié puisse se déconnecter.

Avec cette nouvelle formule, l'entreprise mise sur la confiance et le mode gagnant-gagnant. Reste cependant une question : un salarié libre est-il forcément un salarié heureux ?