C'est aujourd'hui, jeudi 21 juin 2018, que l'Institut Giacometti ouvre ses portes au 5 rue Schoelcher, dans le 14ème arrondissement de Paris. Il est le résultat d'une fervente volonté de la part de la Fondation Giacometti d'offrir au public un lieu de visibilité permanent de l'incroyable collection de l'artiste dont nous reparlerons plus tard.

Le choix d'un lieu emblématique

Cet institut se développe dans un ancien hôtel particulier de Montparnasse.

Le choix de cet emplacement n'est pas anodin. Lorsque Giacometti arrive à Paris, en 1922, le quartier est le coeur vibrant du Paris des Années Folles. Ce nerf névralgique du Paris artistique accueille des artistes de toute origine : Foujita pour le Japon, Picasso pour l'Espagne, Giacometti pour la Suisse, et tant d'autres qui représentent l'Ecole de Paris. L'alchimie entre l'artiste de 21 ans et Montparnasse est immédiate.

Il étudie d'abord dans l'atelier du sculpteur Bourdelle et il s'installe dans son atelier rue Hippolyte Maindron, qu'il ne quitte pas de toute sa carrière.

L'hôtel particulier a été réalisé pour le décorateur et ébéniste Paul Follot, une des grandes figures du mouvement Art Déco parisien. En plus de se situer quelques minutes à pied de l'ancien atelier de Giacometti, le bâtiment offre un écrin de tout premier choix pour présenter les collections.

Le style Art Déco est en effet indissociable de l'effervescence montparnassienne. Le visiteur débute sa visite par une façade ornée de mosaïques dorées et beiges qui tranchent avec le bleu profond de la porte, que l'on retrouve sur les ferronneries décoratives des balcons. L'espace intérieur a, en partie, conservé le mobilier conçu par Paul Follot. Les oeuvres du maître surréaliste évoluent dans des espaces épurés, dans lesquels les décors de Follot rappellent au public le goût parisien des années folles.

La permanence pour une collection exceptionnelle

A la mort d'Alberto Giacometti, en 1966, sa veuve, Annette, consacre le reste de sa vie à la promotion et la reconnaissance de l'oeuvre de son époux. Par testament, elle crée la Fondation Alberto Giacometti, reconnue d'utilité publique en 2003. Légataire universelle d'Annette Giacometti, la fondation est titulaire de 62.5% des droits d'auteur sur les oeuvres des artistes et détient sa plus vaste collection au monde : 350 sculptures, 2000 dessins et autant d'estampes, 2000 photographies et l'intégralité du fond d'archives.

Ces oeuvres rayonnent en France et à travers le monde par de nombreux prêts, mais l'Institut marque la volonté de mettre en place un lieu fixe de contemplation de cette collection unique.

Le coeur de cet Institut réside dans la reconstitution intégrale de l'atelier de Giacometti, dont les murs couverts de graffitis de l'artiste avaient été déposés par sa femme. Le cabinet des arts graphiques présente de nombreuses lithographies et archives de l'artiste.

À l'occasion de l'ouverture de l'Institut, la Fondation a souhaité mettre en avant l'extrême amitié qui unissait Giacometti et Jean Genet : leur correspondance prend place aux côtés des impressions lithographiques, le portrait de l'écrivain par son ami fait pendant à des témoignages touchants de ces deux artistes.

L'Institut Alberto Giacometti incarne l'ambiance parisienne à l'arrivée de l'artiste dans la capitale et le travail d'une vie. C'est également une opportunité nouvelle pour tous de pouvoir se délecter d'une collection aussi complète d'un artiste qui a toujours considéré la France comme sa terre d'adoption. Ne s'arrêtant pas à la simple fonction de galerie, cet Institut accueille également un centre de recherche composé d'une bibliothèque constituée en partie de la bibliothèque personnelle de l'artiste et de l'Ecole des modernités, programme de recherche en histoire de l'art. C'est l'occasion de découvrir ou redécouvrir Alberto Giacometti dans son oeuvre et son intimité.

Pour aller plus loin:

  • L'atelier d'Alberto Giacometti, Jean Genet
  • La recherche de l'absolu, Jean-Paul Sartre
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