L’Open d’Australie est le premier Grand Chelem de l’année et la chaleur de Melbourne accouche souvent d’un beau tournoi. L’année dernière, Novak Djokovic avait fait parler de lui avec sa mésaventure à l’aéroport où son visa avait déchaîné les passions et les colères. Cette année, le serbe, autorisé à jouer, a fait parler son statut pour rejoindre le dernier carré, non sans briller, contrairement à certaines têtes de séries qui sont passées à la trappe.

Ce 27 janvier, il faudra mettre le réveil assez tôt (ou ne pas dormir) pour vivre les deux affiches du dernier carré.

D’un côté Djokovic face à l’américain Tommy Paul, 35ème mondial. De l’autre, Tsitsipas, le mieux classé encore en lice, défiera le russe Khachanov. Quels sons de cloche pour ces demi-finales homme du tournoi australien ?

Djoko vers un dixième titre assuré ?

C’était l’objectif pour Djokovic l’année dernière avant que la crise covid ne vienne lui barrer la route. Autorisé à fouler le sol australien cette année, le serbe s’imposait dès lors comme le favori du tournoi. L’Open d’Australie, c’est son tournoi avec 9 couronnes. En pleine deuxième semaine, le Djoker est à deux matchs de brandir cette dixième couronne et aussi de rejoindre Rafael Nadal au nombre de Grand Chelem (22). L’espagnol n’a pas pu défendre son titre en terre australienne en raison d’une blessure trop contraignante pour rejoindre la deuxième semaine du tournoi.

Cette demi-finale opposera deux profils que tout oppose. D’un côté, le serbe est une légende du tournoi avec neuf titres et n’a jamais perdu une demi-finale en terre australienne. De l’autre, Tommy Paul atteint un stade qu’il n’avait jamais franchi en Grand Chelem. Si l’on additionne les demi-finales dans les quatre tournois majeurs, cela fait 45 pour les deux joueurs dont 44 pour Djokovic.

La différence d’expérience est donc abyssale.

Au-delà de l’expérience, les formes sont forcément présentes pour deux hommes qui ont atteint ce stade de la compétition. Novak Djokovic écrase ses adversaires depuis les huitièmes de finale avec deux raclés sur De Minaur et Rublev. Il en a même profité pour le marteler en conférence de presse : « Sur les deux derniers matchs, battre ces deux adversaires en forme et le faire en trois sets est quelque chose qui envoie un message au reste de mes adversaires.

» Malgré tout, il y a toujours une blessure qui laisse planer un doute sur sa capacité à être à 100 % pour les uns, et sur la verticalité de cette blessure pour les autres. Surévaluation de sa blessure pour bluffer ou non, il est indéniable que Nole est en forme et semble être lancé vers son 10ème sacre.

Quant à Tommy Paul, il a fait son chemin dans une partie de tableau trop tôt orphelin de quelques gros comme Rune, Sinner, Zverev ou encore Augier-Aliassime. Toutefois, il a écarté des bons joueurs de Tennis comme son compatriote Shelton ou encore l’espagnol Bautista-Agut. Cette fois-ci, c’est une montagne qui se pose face à lui. La montagne de l’Open d’Australie.

Khachanov peut-il empêcher Tsitsipas de s’offrir une finale ?

Le 4ème mondial face au 20ème, les chiffres penchent pour Tsitsipas. Mais le tennis et le sport en général ne peuvent se résumer à des chiffres, encore plus aux portes d’une finale de Grand Chelem. Au-delà du classement, le grec atteint pour la quatrième fois en cinq ans le dernier carré sous le soleil australien. 2019, 2021, 2022 et maintenant 2023. Le chemin fut semé de batailles, là où il a su s’en sortir « à l’expérience et avec la bonne attitude ». Il y a eu un quart accroché malgré la victoire en trois sets face au surprenant Lehecka qui avait tout de même sorti Augier-Aliassime; ou encore un huitième en cinq manches face à Sinner.

Le grec devra aussi un peu plus se concentrer qu’en interview d’après match avec une scène causasse où Tsitsipas a ouvertement invité l’actrice Margot Robbie a venir voir un de ses matchs.

De son côté, Khachanov a avancé caché, tout en sortant les prestations qu’il fallait. Malgré la blessure de son adversaire en quart, le russe donnera sans doute tout ce qu’il a pour atteindre une finale de Grand Chelem et ne pas répéter le scénario de l’US Open. Le russe avait échoué aux portes de la finale. Forgé de cette expérience, Khachanov est prêt et motivé, là où « ma première demi-finale à L’US Open a renforcé ma confiance en moi. »

Tsitsipas est prévenu et il devra saisir chaque opportunité et faire le dos rond dans les moments difficiles, même si le russe n’a jamais réussi à vaincre face à Tsitsipas, si ce n’est un match amical en 2019. Une demi-finale est toujours forte en pression.

Du moins, pour connaître le sort de ces deux demies, n’oubliez pas vos raquettes, et vos réveils.