Quand Martin Scorsese émet un jugement sur ce qui est et n'est pas le cinéma, nous nous asseyons et écoutons, ou du moins devrions. Le grand cinéaste, artiste et passionné de 7ème art donne son avis sur les films de super-héro!

Scorsese fâché avec Hollywood

"Quand j'étais en Angleterre début octobre, j'ai donné une interview à Empire Magazine. Il m'a été posé une question concernant les films de Marvel. J'y ai répondu : J'ai dit que j'avais essayé de regarder quelques-uns de ces films et tout de suite senti que ce n'était pas pour moi. Ils m'ont paru plus proche de parcs d'attraction que de Cinéma, celui que j'ai connu et aimé dans ma vie, et pour conclure, je ne pense pas que ce soit du cinéma.

Certains ont interprété la dernière partie de ma réponse comme une insulte envers Marvel, ou une preuve de mépris de ma part à son égard. Si quelqu'un veut orienter le sens de mon propos de cette manière, il n'y a rien que je puisse faire pour l'en empêcher.

Beaucoup des films de franchise sont faits par des personnes de grand talent et artistes. Vous pouvez le voir à l'écran ! Le fait que ces films ne m'intéressent pas est une question de goût personnel et de tempérament. Je suis conscient que si j'avais été plus jeune, probablement que j'eus été plus inspiré par ce genre mais je suis né à une époque différente pour le cinéma."

Marvel dénature le cinéma

"Pour ma génération, le cinéma était fait de révélations émotionnelles, spirituelles et esthétiques, de personnages, de leur complexité, de leurs contradictions et parfois de leur nature paradoxale, la façon dont ils peuvent blesser et aimer les uns des autres, soudainement se retrouver face à face avec eux-mêmes, le tout sous un regard artistique.

La clé pour nous c'était la forme artistique. A l'époque, il était question d'égaler la littérature, la musique classique et la danse. Beaucoup des éléments qui définissent le cinéma que je connais sont là, dans les films Marvel, mais il manque la révélation, le mystère, le véritable danger émotionnel; Il n'y a pas de danger, les scènes sont faites pour satisfaire des attentes spécifiques et conçus comme des variations d'un nombre fini de thèmes. Le tout se cantonne aux séances test, afin de refaire jusqu'à ce que ce soit assuré de plaire à tout le monde. Tout est sous-contrôle et désespérément prévisible.

Où est le problème me demanderez vous ? Le problème est que ces franchises prennent toute la place dans les salles de cinéma et qu'il y a de moins en moins de salles indépendantes et donc moins de place pour le cinéma plus modeste.

Une solution s'offre maintenant, le streaming sur le petit écran ! N'importe quel cinéaste préfèrerait le grand écran, mais seul Netflix m'a permis de faire mon dernier film "The Irishman", et je leur en serai toujours reconnaissant.

Actuellement, pour quiconque voudrait faire du cinéma, la situation est brutale et inhospitalière envers l'art, et le simple fait de dire ces mots m'apporte un profond sentiment de tristesse !"

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