La claque. Pas seulement dans les récents sondages donnant #Hillary Clinton élue en novembre. Trump comptait fort sur l’exposé de son programme économique (encore une fois révisé). Patatras. Certes, l’endroit était bien choisi : Detroit, ville autrefois industrielle, minée par le chômage découlant de la mondialisation. De quoi stigmatiser la politique d’Obama. Le candidat républicain l’a fait, avec une lassante insistance. Pour le reste, il a été relevé que ses mesures fiscales favoriseraient surtout les très riches et les classes moyennes supérieures, que celles en faveur des familles avec enfants sont floues et timides. Sur ce dernier point, la presse dévoilait que la maison de couture d’Ivana Trump s’en tenait au strict minimum en matière de congés parentaux (sans compensation salariale). Les analystes ont surtout pointé qu’il promettait des mesures déjà prises, que la simplification administrative envisagée serait désastreuse pour l’environnement, etc... Pire, l’agence de notation Moody's a comparé les effets prévisionnels de son programme et ceux de son adversaire. Il a tout faux. Avec Clinton, le PIB progressera davantage, comme l’emploi, mais beaucoup moins la dette, et au total, le taux de chômage restera stable, tout comme le ratio dette/PIB. Tandis que Trump fait exploser, dans le rouge, cet indice.

 

Alors que le club républicain des anciens d’Harvard (le plus ancien d’entre tous les clubs universitaires) l’a déjà désavoué de manière cinglante et estimé que l’ex-président Reagan aurait honte de lui, Trump a fait du pseudo-Reagan à Detroit. Sans, pour une fois, faire de gaffe, de petites phrases provoquant un tollé tant dans la presse que chez les républicains. Mais cela n’a pas suffi. Une lettre ouverte a été publiée par 50 très hauts responsables des administrations des présidents Bush, de la CIA, de diverses agences, instituts, ministères. Il ne manquait que les signatures d’Henry Kissinger, de Colin Powell ou Condoleezza Rice. Viendront-elles s’ajouter à celles des autres déçus, franchement hostiles à Trump, promettant de s’abstenir à contrecœur, voire, par patriotisme, de voter Clinton ?

 

Hostilité croissante

La dernière en date à lui couper l'herbe n’est autre que la sénatrice républicaine du Maine. Elle dresse, dans le Huffington Post, un portrait à charge d’une rare violence. En restant politiquement correcte, sans recourir à la rhétorique de l’extrême-droite ou de l’ultragauche, Susan Collins assassine le candidat désigné. "Il s’est départi de la décence (…) il est incapable d’admettre ses erreurs ou de s’excuser (…) il fustige, incendie ou piétine quiconque considéré hostile ou passant à ses yeux pour un facile bouc émissaire". Bref, c’est un égotiste infatué de lui-même, ne respectant rien ni personne, adversaire ou allié, prêt à dénoncer les traités internationaux, à plonger l’Amérique et la planète dans le chaos. Il trahit toutes les valeurs républicaines, conclue-t-elle, donc, sans elle… Trump dans son discours du Michigan, a menacé la Chine d’une guerre économique et il veut en conséquence accroître la présence militaire en Asie… en faisant payer la note par les alliés régionaux des États-Unis. C’est aussi crédible que de promettre que "le Mexique paiera" pour la construction d’un mur frontalier, que les Pays Baltes et l’Europe quitteront l’Otan ou honoreront sa colossale facture.

 

L’association américaine de psychiatrie appelle ses membres à ne pas se prononcer sur la santé mentale de Trump. Ce après qu’une pétition en ligne pour le soumettre à un examen gonfle chaque jour (ce mardi, vers les 35 000). Mais des professeurs l’ont qualifié de narcisse compulsif et un psychiatre collectionne les clips de Trump pour illustrer ce cas lors de prochaines conférences. Un ancien de la CIA et de Golman Sachs, parfaite "tête d’œuf" surdiplômée, Evan McCullin, avec le soutien de républicains, annonce sa candidature indépendante. Il vise plus à rassembler les républicains s'abstenant qu’à les dissuader de voter Clinton. #Donald Trump #Etats-Unis