"Mais pourquoi #Macron est-il si soutenu par #BFM TV ?" commence le Belge Eric Verhaeghe dans un article publié sur son blog. Selon lui, on peut facilement comprendre les raisons d'un tel soutien médiatique à ce candidat libéral. En effet, comme nous allons le voir elles remontent à l'époque (pas si lointaine) où il était encore ministre de l'Economie. En donnant un coup de pouce à Patrick #Drahi dans le rachat de SFR, il se serait assuré son soutien publicitaire. La preuve la plus accablante en est la journée au cours de laquelle Macron a annoncé sa candidature à l'élection présidentielle. Car à ce moment, les émissions de BFM TV, qui passent en boucle, ne concernaient plus que cette brave personne qui devait sauver la République.

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Un manque de transparence manifeste

De même que Macron ne souhaite pas divulguer l'identité de ses généreux donateurs, il n'a fait aucun commentaire sur la provenance d'un de ses soutiens les plus importants, à savoir Bernard Mourad. En effet, ce dernier, ex patron d'Altice Media Group, un des colonels de Patrick Drahi (patron de SFR et BFM TV), est devenu son conseiller spécial. Son expérience d'ancien banquier d'affaires et ses réseaux devraient être essentiels pour le financement de la campagne de "En Marche". En ce sens, déjà, clairement, Macron peut se poser comme candidat "contre le système."

Le soutien de BFM TV à Macron a ses raisons

Finalement, on comprend facilement pourquoi cette chaîne couvre autant la campagne de Macron. Il faut en revenir à l'année 2014 et à la concurrence pour le rachat de SFR.

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En souhaitant racheter l'opérateur, Patrick Drahi, alors patron de Numericable, entre en conflit avec un autre candidat : Bouygues. Le ministre de l'Economie de l'époque, Montebourg, s'y oppose, scandalisé par l'optimisation fiscale organisée par Patrick Drahi : "Il va falloir que M. Drahi rapatrie l'ensemble de ses possessions, biens, à Paris, en France. Nous avons des questions fiscales à lui poser !"

Mais le vent tourne en faveur de M. Drahi avec l'éviction de Montebourg du gouvernement en septembre 2014 et l'arrivée de Macron à Bercy. En effet, un mois plus tard, le 28 octobre, Macron autorise le rachat de SFR par Patrick Drahi. Bien entendu, cette nouvelle est très peu couverte par les médias et les Français n'en entendent presque pas parler. En quelque sorte, c'est un joli pot de vin de M. Macron à M. Drahi, qui arrange bien ses affaires. Alors, l'année suivante, en 2015, le patron de SFR rachète également la chaîne d'informations NextRadio, déjà propriétaire de... BFM TV ! Dans le mille ! C'est cet agrégat gigantesque qui constitue le groupe Altice Media en 2016.

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Autrement dit, ce n'est qu'un juste retour des choses pour Macron, qui a largement mérité d'être soutenu par ces riches patrons. C'est ainsi qu'on en vient à avoir, aujourd'hui, "un patron de presse qui soutient massivement un candidat à la présidentielle jusqu'à lui faire occuper la une de tous ses titres en disant du bien de lui."

Pas d'inquiétude, si personne n'en parle dans les médias, les adversaires de Macron à gauche ont bien remarqué son manège. C'est pourquoi ils le mettent sans cesse dans l'embarras quand ils constatent que la plupart des sommes qu'il reçoit en dons sont exorbitantes et qu'ils demandent de clarifier l'origine de ces dons. Bien entendu, avec son éthique irréprochable, l'ancien banquier se justifie en invoquant le respect de l'anonymat. Affaire à suivre, en perspective.