Parlons un peu culture, pour une fois, et traitons du livre publié il y a peu par Annick Duraffour et Pierre-André Taguieff au sujet de #Céline : Céline, la race, le juif. L'objet de ce livre, avant toute chose, est de démontrer historiquement l'antisémitisme et l'engagement collaborationniste de l'auteur du Voyage au bout de la nuit. En effet, en France, il fut l'un des premiers représentants des sympathisants d'Hitler et le premier à se réjouir de l'invasion allemande de 1940. Pour cause, il a invariablement été un immense antisémite tout au long de sa triste vie. Alors certes, son oeuvre a reçu le prix Renaudot, il est considéré comme un génie de son temps, mais il ne faut pas oublier ce qu'il traîne derrière lui.

Comment Céline s'est victimisé après 1945

Pendant la collaboration, il se déclarait lui-même grand ami d'Hitler. Il a pris le mauvais parti, à cette époque, et a légitimement été dénoncé après la victoire sur le nazisme. Mais il a préféré, pour se défendre, se poser en victime plutôt qu'en traître à la nation, et se considérer comme un écrivain maudit plutôt que comme ce qu'il était : un salaud. De sorte qu'il n'a pas hésité à dire que les anciens résistants s'acharnaient injustement contre lui. L'une de ses autres défenses fut la suivante : il se serait dit dans un état mental troublé pendant l'occupation à cause d'une blessure au crâne provoquée pendant la Première Guerre mondiale. Autrement dit, il n'était pas responsable de ses actes ni de ses paroles. Facile. C'est oublier que, quand il fut appelé au front en 1914, il a combattu seulement quelques mois avant d'être grièvement blessé au bras (pas à la tête !) et, jugé inapte au combat, de finir le reste de la guerre au repos. Donc, mensonges sur mensonges.

Autre excuse fréquemment employée par Céline : ceux qui l'accusaient de collaboration avec l'ennemi étaient en fait tout simplement jaloux de son style et des grands prix qu'il avait reçus grâce au Voyage au bout de la nuit et à Mort à crédit. Le pire, c'est qu'à cette époque, on a fini par le croire, puisque de toute façon il ne représentait plus aucun danger pour la société française, ni pour les Juifs. Il s'était damné lui-même, et ressemblait davantage à un clochard qu'à l'écrivain et au médecin qu'il fut.

Collaboration et négationnisme

Pourquoi était-il tant vénéré des anciens collaborateurs, alors, après 1945 ? Parce qu'il a commencé dès avant la guerre, en intégrant des groupuscules politiques antijuifs et racistes, favorables à un rapprochement avec l'Allemagne nazie. Il a été cohérent dans son parcours, puisqu'il a ensuite rencontré de nombreux SS, la Gestapo, et a même participé à la propagande antijuive sous l'occupation via des journaux. De plus, il aurait aussi dénoncé de nombreux Juifs et été rémunéré par la police allemande en France sous l'occupation. Il s'est entêté dans son antisémitisme et son racisme, en étant l'un des pères fondateurs du négationnisme après la guerre. Il ne publiait pas ouvertement des tribunes négationnistes, mais soutenait et admirait ceux qui le faisaient. C'est ainsi qu'il fut apprécié de Robert Faurisson et considéré comme un maître à penser par Alain Soral encore aujourd'hui.