Le dossier n’est pourtant pas très connu du public camerounais ; pourtant l'affaire dure depuis deux ans. Les acteurs de la société civile et notamment la presse n’y ont accordé aucun intérêt. Mais, le rebondissement de ces derniers jours risque de donner à l’affaire une autre tournure.

Il s’agit en effet de l’affaire de contractualisation de 885 Instituteurs Vacataires de l’Enseignement Technique autorisée en juin 2015 par le Premier Ministre Philémon Yang ; une mesure gouvernementale qui s’inscrivait dans le cadre de la résorption de l’emploi précaire dans ce corps de métier.

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Seulement, depuis la publication des résultats de ce concours en janvier 2016 et le déploiement sur le terrain des enseignants retenus, rien n’a plus jamais évolué dans le processus de traitement de leurs dossiers de prise en charge.

Bien qu’en service depuis bientôt 24 mois dans les SAR/SM, CETIC et Lycées Techniques du pays, ces jeunes enseignants n’ont jamais reçu le moindre copeck ; pire encore, au Ministère de la Fonction Publique, le traitement de leurs dossiers de prise en charge ne semble pas à l’ordre du jour. Ceci, malgré les multiples requêtes et plaintes de ces derniers.

Une histoire de partage du butin ?

C’est finalement dans nos investigations que nous apprendrons que le traitement de ces dossiers se serait heurté au refus du Contrôleur Financier en service au Ministère de la Fonction Publique et de la Reforme Administrative (MINFOPRA). Ce dernier aurait refusé de viser les contrats de travail de ces 885 enseignants, pour une histoire de partage du « gombo ».

En effet, pour ce recrutement, un comité ad hoc avait été mis sur pied par le MINFOPRA ; lequel comité était chargé de la recevabilité des dossiers de candidature jusqu’à la mise en solde des enseignants retenus ; c’est ainsi qu’une somme de 10.000 F.CFA était exigé à chaque candidat comme frais d’étude de dossier. Seulement, Monsieur Michel Ange Angouing, Ministre de la Fonction Publique et par ailleurs Président dudit comité aurait partager les plus de 55.000.000 F.CFA récoltés aux candidats avec ses homologues du MINESEC et du MINEFOP en décembre 2015, alors que l’opération n’était qu’à mi-parcours.

C’est ainsi que l’actuel CF/MINFOPRA, qui n’était pas là à cette période, exige le payement préalable de ses « indemnités » de signature ; sinon, pas de visa sur les contrats de travail de ces enseignants. Ce que refuse catégoriquement le Ministre Michel Ange Angouing.

Ne pouvant rien contre un Contrôleur Financier qui a pour tutelle le Ministère des Finances, Monsieur Michel Ange Angouing s’est alors tourné vers la Primature pour un arbitrage du Chef du Gouvernement. C’est à travers la page facebook de Boris Bertolt, un journaliste et activiste camerounais vivant en France que l’on a appris ces jours que le MINFOPRA et « son » Contrôleur Financier se sont expliqués la semaine dernière devant de hauts responsables de la primature. Une rencontre au cours de laquelle le Contrôleur Financier aurait fait des révélations fracassantes sur la gestion du Ministère de la Fonction Publique et de la Réforme Administrative par Monsieur Angouing, non sans lui rappeler qu’il n’a aucune instruction à recevoir de lui.

Une situation qui vient plonger davantage ce Ministre dans de sales draps, surtout quand on sait que sa récente gestion des derniers résultats du concours d’entrée à l’ENAM ne cesse de faire couler des vagues au sein de l’opinion publique Camerounaise.

Les choses laissent penser que son bail risque ne plus être renouvelé à la tête de ce prestigieux département ministériel, au moment où tous les camerounais attendent un remaniement ministériel. Seulement, entre temps, c’est 885 enseignants qui payent le lourd tribut ; vivement que les acteurs de la société civile se mobilisent en faveur de ces pauvres jeunes camerounais qui ont eu le malheur d’être l’herbe sous le pied des éléphants en colère ! D’ailleurs, des sources dignes de foi nous indiquent qu’une grève de ces enseignants, notamment ceux exerçant en zone anglophone est annoncée pour le 08 janvier prochain, date de reprise des cours pour le compte du deuxième trimestre.