Le Président du Programme alimentaire mondial (WFP) Mick Lorentzon, impliqué dans une enquête disciplinaire pour harcèlement sexuel, a été suspendu de ses fonctions en attendant les conclusions de l'investigation. Luiz Loures, Secrétaire Général Assistant et Directeur Adjoint du Programme Unaids est également impliqué dans une enquête pour les mêmes accusations.

Les responsables du Programme alimentaire, agence relevant des Nations Unies, ont annoncé jeudi dernier dans une déclaration relayée par le journal Anglais The Guardian le durcissement de la politique disciplinaire de l'Agence en matière des affaires liées à du harcèlement sexuel impliquant le personnel de l'ONU.

La décision de suspendre le Président du Programme est venue dans ce cadre.

Cette déclaration fait suite à la montée des critiques dirigées contre l'attitude « laxiste » des services des Nations Unies en ce qui concerne les affaires de harcèlement où les victimes sont très souvent vulnérables et difficiles à faire témoigner. On apprend en effet dans une enquête menée par The Guardian, l'existence d'une culture de l'Omerta au tour des questions liées à l'implication du personnel de l'ONU dans des affaires de harcèlement sexuel. Un certain nombre des victimes (personnel de l'ONU) interrogées par l'enquête déclarent être dissuadées de « remonter » certains agissements par la peur de perdre leurs postes ou d'être mutées.

L'enquête s'appuie sur le témoignage de trois personnes qui déclarent avoir été licenciées après s'être plaintes d'être victimes de harcèlement sexuel de la part de leurs supérieurs.

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Selon la même enquête, les procédures d’investigation ne vont très souvent pas jusqu'au bout de leur démarches à cause du silence des victimes, ce qui ne permet pas d'établir de manière probante l'implication des personnes mises en examen.

Des victimes incitées à témoigner

Lorentzon, qui fait l'objet d'une décision de mise à pied a occupé des postes de responsabilité et de direction des programmes des Nations Unies en Afghanistan, en Iran, au Kosovo… Cette décision de suspendre le Président du WFP est venue de manière officielle dans un communiqué qui souligne que « l'employé concerné a été suspendu de ses fonctions en attendant les résultats de l'enquête disciplinaire dont il fait l'objet ». Le même communiqué souligne la nécessité de fournir les garanties et la protection nécessaires pour encourager les personnes abusées à sortir de leur silence (campagne Report the Abuse) et à témoigner de tout comportement déplacé dont elles seraient victimes.

Dans ce cadre, le WFP a déclaré avoir mis pris un ensemble de mesures avec l'objectif de traiter le plus grand nombre d"affaires liées à du harcèlement sexuel impliquant son personnel.

Parmi ces mesures figure la possibilité de s'appuyer sur les plaintes anonymes, ainsi que les plaintes provenant d'anciens employés de l'Agence même des années après leur départ. S'ajoute à cela aussi la suppression de la limite des 6 mois pour recevoir les plaintes. Ces nouvelles mesures permettront, selon le Directeur du WFP, de mener à terme les enquêtes dans lesquelles les victimes ne sont pas connues ou refusent de témoigner.