Depuis que la politique de "tolérance zéro" a été mise en place par le gouvernement de Donald Trump, ce sont 2300 enfants qui ont été séparés de leurs parents à la frontière avec le Mexique. Ceux-ci sont concentrés dans des refuges remplis à 94 % actuellement. Suite à une vague d'indignations aussi bien nationale qu’internationale, Donald Trump vient de signer un décret corrigeant cette décision.

Trump et sa politique pour le moins contradictoire

L'annonce de cette nouvelle politique frontalière avec le Mexique a été rendue publique par le gouvernement Trump en mars de l'an dernier. Le but visé par Washington était de dissuader les candidats à l'immigration.

Il s'agissait en somme d'initier des poursuites judiciaires contre les personnes qui essaieraient de traverser illégalement la frontière. Ainsi, les immigrants qui se retrouvaient avec des enfants, se sont vus tout simplement séparés de leurs progénitures, en attente d'une procédure judiciaire qui, elle-même, souffre de l'incompréhension que suscite cette politique frontalière.

Comme l'a si bien fait savoir Theresa Brown du Bipartisan Policy, le nombre d’agents de police en poste à la frontière s’est quadruplé, tandis que le nombre de juges censés s'occuper de chacun des cas des immigrants est resté inchangé. Ainsi, sur une période d'un an, c'est-à-dire à dire d'avril 2017 à avril 2018, le nombre d'enfants non accompagnés à la frontière s’est accru de 331 %. Il faut aussi préciser que telle qu'elle est appliquée, la politique de tolérance zéro vis-à-vis des immigrants tend à assimiler la violation des frontières à des crimes bien plus complexes comme l'agression de mineurs ou la contrebande.

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Les décisions de Trump pointées du doigt

De plus en plus contesté, Donald Trump se retrouve donc avec une décision de plus qui soulève un tollé général. En effet, il existe pourtant deux dispositions légales qui expliquent avec précisions comment traiter les enfants retrouvés aux frontières dans le cadre d'une immigration illégale. La première disposition est la loi Flores. Elle stipule qu'un enfant non accompagné retrouvé à la frontière doit être placé dans un cadre moins restrictif. Il doit être aussi libéré dans les brefs délais. La deuxième disposition est celle sur la protection des victimes de traite qui permet aux enfants en question de rester sur le sol américain.

Comme on peut le constater, dans l'un comme dans l'autre des cas, aucune de ces dispositions ne prône une quelconque séparation des enfants de leurs parents. Cette situation dégradante aux frontières américaines a même été qualifiée d' « inconcevable » par une institution comme l'ONU. Au même moment, d'autres n'hésitent pas à la comparer aux camps nazis de l'époque hitlérienne.

Monsieur Trump se ravise...

Face à autant de critiques, le président américain a procédé hier, mercredi 20 juin, à la signature d’un décret mettant un terme à ces séparations douloureuses. Contre toute attente, il déclare au moment de la signature du décret dans le confort du Bureau oval : « Nous n’aimons pas voir des familles séparées. »

Si ce nouveau texte met fin à la séparation des parents et des enfants, il précise toutefois que les poursuites judiciaires vont continuer contre les personnes qui traverseront illégalement les frontières américaines. Trump affirme à ce propos : « Nous allons garder les familles ensemble mais la fermeté aux frontières restera la même. »