Parce qu'elle constate que sa grand-mère marche difficilement et tombe souvent à son domicile, Zineb Agoumi se penche sur les technologies qui peuvent l'aider à remarcher. Face au manque de matériel dans les établissements de santé, cette jeune ingénieure rencontre alors un médecin, le Dr Thierry Albert, avec qui elle invente une machine destinée à la rééducation à la marche.

La jeune femme fonde alors "EzyGain" avec Félix Botella et Thibault Faÿ en 2016 et développe ema®. Un dispositif conçu en France, breveté en Europe et aux États-Unis déjà dans des hôpitaux, des centres de rééducation et des Ehpad en France, en Suisse et à Hong Kong.

Pour nous en parler, Zineb Agoumi a accepté de répondre aux questions de Blasting News.

Le chemin vers ce dispositif de rééducation de la marche adapté a-t-il été long ?

J’ai commencé le projet en 2015. À l’époque j’étais sensibilisée aux problématiques de marche chez les personnes fragilisées. J’ai visité des centres de rééducation, maisons de retraite et rencontré un médecin. L’idée à la base était de réaliser une machine pour le retour au domicile des patients après hospitalisation.

Nous nous sommes rendus compte que même dans les établissements il y avait un besoin. Nous avons donc commencé par des machines adaptées aux Ehpad, centres de rééducation et hôpitaux.

Nous avons développé un produit accessible sur le marché professionnel, compacte et facile à utiliser.

Depuis votre premier client en 2017, jusqu’au 100ème en 2019, votre start-up a fait un bon en avant. Quelle expansion ou évolution vous a le plus marqué ?

Le premier client était notre premier succès.. Nous avons développé le projet et la R&D (recherche et développement ndlr.) pendant deux ans. Nous étions contents de voir notre dispositif sortir.

Nous avons pu voir les patients remarcher avec notre dispositif ema®.

Les premiers déploiements dans des groupes d’établissements représente également une avancée marquante.

On le sait, vieillir coûte cher. Avec des disparités flagrantes selon les différentes régions en France dans les Ehpad. Avez-vous été face à des patrons de centres de soin qui auraient aimé acheté vos machines, mais faute de moyens se sont abstenus ?

Oui nous avons rencontré des établissements qui ne pouvaient pas acheter nos machines. Cela vient du fait que les budgets santé des Ehpad proviennent en grande partie des Agences régionales de Santé (ARS) qui augmentent chaque année ce budget en faveur des établissements.

Nous n'avons pas remarqué de différences régionales mais surtout des différences de moyens selon les types d'établissements.

L’épidémie de Coronavirus qui a tué plus de 400.000 personnes dans le monde a particulièrement impacté les personnes âgées, handicapées ou isolées. Ressentez-vous une demande croissante depuis cette épidémie ?

Au début de la crise, les établissements se sont protégés en fermant leurs portes.

Il y a eu ensuite des ouvertures pour permettre aux patients de se rééduquer:

  • Certains patients Covid qui sont passés par la réanimation ont eu des séquelles assez lourdes et ont eu besoin de se rééduquer à la marche et à l'équilibre.
  • Des patients souffrant d'autres pathologies (notamment de maladies neurodégénératives) ont eu besoin de continuer leur rééducation en centre ou à domicile.

Nous avons eu dans ce sens une demande qui a évolué.

Actuellement les pays en voie de déconfinement reprennent tout doucement 'une vie normale'. Pensez-vous qu’on peut espérer une prise de conscience notamment pour une meilleure gestion de certains centres de soins en France ?

Nous avons collectivement vu qu’il était possible de se confiner ! Mais des millions de patients victimes de fractures, d’AVC, scléroses en plaques, et d'autres pathologies neurodégénératives, doivent tout de même continuer à faire leur rééducation à la marche. On espère une prise de conscience autour de l'importance de la rééducation au domicile avec des mesures concrètes pour l’encourager.

Avez-vous de nouvelles perspectives d’avenir "post-Coronavirus" ou peut-être des projets qui ont germé pendant cette période ?

Nous avons mis à profit cette période pour développer des partenariats à l'export (notamment avec la Norvège et l'Allemagne).

Nous avons également avancé sur la version du dispositif pour le domicile, dont le besoin a été revalidé durant cette période.

Malgré cette période qui était difficile pour tout le monde, je sens que ca a permis de mettre la santé au centre des préoccupations et j'ai hâte de voir la suite et de voir les mesures qui seront réellement prises pour encourager la rééducation.

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