Ce dimanche matin, les plus nostalgiques d'entre nous se réveillent doucement avec cette triste nouvelle. Après la mort de Johnny Hallyday, qui a bouleversé la France entière, la série noire continue avec cette annonce des plus douloureuses. France Gall est décédée ce matin à 10 heures à Neuilly-sur-Seine, après s'être longuement battue contre le cancer. La chanteuse pop, qui a marqué la chanson française, était hospitalisée depuis plusieurs mois pour une infection sévère au niveau respiratoire.

Afin de lui rendre un hommage mérité pour sa carrière et son talent, Blasting News revient sur la vie de cette artiste iconique française.

D'Isabelle à France Gall

Fille du parolier et chanteur à succès Robert Gall et de Cécile Berthier, Isabelle, de son vrai nom, est tombée dans la musique dès son plus jeune âge. Née le 9 octobre 1947 dans le 12ème arr. de Paris, cette fille de musiciens voit défiler dans sa maison de nombreux artistes comme Claude Nougaro, Marie Laforêt ou encore le célèbre Hugues Aufray. Cette enfant de la balle accompagne son père dans les coulisses de l'Olympia, lorsque celui-ci s'y produit, et rate l'école pour assister aux concerts de Charles Aznavour, Gilbert Bécaud et Edith Piaf.

Portée par un goût indéniable pour la musique, la jeune "Babou" comme la surnomme sa famille, fonde un petit orchestre avec ses deux frères, les jumeaux Philippe et Patrice. A 15 ans, Isabelle Gall enregistre son premier disque "Sacré Charlemagne" et rencontre son premier succès auprès du public.

Débarquée dans le paysage musical français lorsque la chanteuse Isabelle Aubret est une grande vedette, la jeune artiste doit impérativement changer de nom pour se démarquer. Elle devient France gall à la scène : "J’ai toujours été contre le prénom “France”, je trouvais que ça sonnait trop dur. “Isabelle” me correspondait, me plaisait. Je ne sais pas ce qui s’est passé pour que je me mette à aimer mon nom.

A présent, c’est “France Gall”, c’est exactement moi !" confiait la chanteuse dans "France Gall par France Gall", un autoportrait diffusé en 2001. En mars 1964, N'écoute pas les idoles, une chanson composée par Serge Gainsbourg, se hisse en tête du hit-parade.

Au temps des yéyé, cette petite blonde ingénue à la voix enfantine devient rapidement l'égérie de Serge Gainsbourg, qui lui écrit des chansons à "double-sens" comme les célèbres "Sucettes à L'anis". A peine âgée de 18 ans, la naïve France Gall ne semblait pas saisir le caractère érotique de la chanson de son mentor. En 1965, prise dans le tourbillon du succès, France Gall remporte le premier prix de l'Eurovision, pour le Luxembourg, avec la chanson "Poupée de cire, poupée de son".

Michel Berger "transforme son existence"

La rencontre entre Michel Berger et France Gall résonne comme une véritable légende. C'est au son de son poste de radio que France Gall fait sa première rencontre avec l'auteur-compositeur, un jour de 1973. Elle sera immédiatement subjuguée par sa musique en entendant son titre "Attends-moi". Le destin frappe à sa porte, puisque lors d'une émission de radio, elle fait connaissance avec le chanteur et lui propose une collaboration. Réticent à l'idée d'écrire pour elle au départ, Michel Berger finira par lui composer un titre qui relance sa carrière en 1974, "La déclaration d'amour". Cette relation professionnelle entre les deux artistes deviendra amoureuse petit à petit, et le couple se marie en 1976 et donnera naissance à leur premier enfant, Pauline, en 1978.

En 1979, France Gall assure un rôle dans le célébrissime opéra-rock Starmania réalisé par son mari Michel Berger et Luc Plamondon. En 1981, la chanteuse et femme comblée donne naissance à son deuxième enfant, Raphaël. Par la suite, France Gall enchaînera les tubes dans les années 1980 tout en prenant soin d'accorder du temps à sa famille. Mais une série de terribles drames pousseront France Gall à stopper sa carrière en 1997.