Orchestrée par l'agence parisienne Fred & Farid, la campagne "N'achetez pas" de #biocoop s'était déroulée du 15 au 30 septembre 2014. Elle était constituée de visuels militants présentant des produits de consommation courante regorgeant de déchets toxiques. Sur ces visuels non pas moins esthétiques, on pouvait lire des messages alertant sur les effets environnementaux néfastes et sur les dangers pour la santé de ces produits non-biologiques : "N'achetez pas de pommes (traitées chimiquement)", "N'achetez pas de fraises (en hiver)", "N'achetez pas de lait (non bio)". En faisant le choix d'une campagne de data-telling, Biocoop souhaitait sensibiliser les consommateurs sur les conséquences dramatiques de leurs actes d’achat. L'idée était de donner aux consommateurs-trices toutes les informations qui les inciteront à améliorer leur comportement de consommation. 

"Plus qu’une campagne de communication, Biocoop lance une campagne d’information, où les faits et les actes de Biocoop parlent d’eux-mêmes. Pour laisser au consommateur son libre-arbitre, en lui délivrant l’information dont il a besoin et en le laissant juge de ce qu’il doit faire.", avait communiqué en 2014 le directeur de la communication de Biocoop, Patrick Marguerie. 

Trois organisations non-bio accusent Biocoop "d'induire le consommateur en erreur" et de l'inciter au boycott

La campagne de Biocoop n'a pas plu à tout le monde, notamment à Interfel (association interprofessionnelle de la filière des fruits et légumes frais), à l’ANPP (un producteurs de pommes) et à la FNPF (Fédération Nationale des Producteurs de Fruits). Les trois organisations n'ont pas tardé à réagir à la #campagne publicitaire, accusant l'enseigne Biocoop non pas de diffamation mais d'incitation au boycott (un tour de passe-passe juridico-légal que maîtrise bien Jean-Michel Baylet). Mais le 28 octobre 2014, leur requête fut rejetée en bonne et due forme par le Président du Tribunal de Grande Instance de Paris, qui jugeait les informations véhiculées par Biocoop avérées (il s'agissait des résultats d'une étude récente de l'INRA).

Et pourtant, deux ans plus tard, un retournement de situation a surpris l'enseigne de #produits bios et éthiques quand le 26 septembre dernier, le Tribunal de Grande Instance de Paris a rendu son jugement : La campagne publicitaire "N'achetez pas" a été jugée anticoncurrentielle et Biocoop a été condamné à payer une amende de 30.000€ pour dénigrement et appel au boycott de produits non-issus de l'agriculture biologique, soit 10.000€ pour chacune des organisations plaignantes. Ces dernières se sont défendues d'encourager les Français-es à avoir une alimentation saine et qu'une alimentation saine n'est pas forcément synonyme d'alimentation biologique. Mais qu'y a-t-il de sain à avaler tous les jours, au moins cinq fruits et légumes bourrés de pesticides ? Qu'y a-t-il d'anticoncurrentiel à établir des constats avérés sur ses concurrents ? Les Français-es qui recherchent vraiment une alimentation saine devront se résoudre à passer au bio, car même dans les Muesli non-issus de l'agriculture biologique, on a récemment découvert pas moins de 141 pesticides