Si David Cameron était resté prudent quant à l’exploitation du gaz de schiste par fracturation hydraulique, Theresa May semble vouloir hâter les forages et la production. Il existe dix zones ayant reçu un visa d’exploitation en Angleterre et au Pays de Galles (contre une seule en Écosse, ceci ne saurait expliquer cela). Et le nouveau gouvernement veut contrer l’opposition des habitants en leur accordant de fortes indemnités. Dès la formation de son gouvernement, Theresa May a supprimé le ministère dévolu à la préservation de l’environnement et au changement climatique. Ses prérogatives sont désormais vaguement dévolues au ministère du Développement économique, de l’énergie et de la stratégie industrielle.

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L’une des dernières mesures de l’ancien ministère fut de supprimer les subventions à 36 entreprises se consacrant à la production de biomasse renouvelable. L’une des premières décisions du nouveau ministère fut de retarder l’annonce de la construction de la centrale nucléaire d’Hinkley Point (par #EDF, avec un partenaire chinois). Le contrat devait être signé fin juillet dernier, il le sera (ou pas) au courant de l’automne.

 

Ce lundi, le gouvernement britannique devrait dévoiler les détails d’un vaste plan d’indemnisation pour les zones de future extraction de gaz de schiste. Cela pourrait représenter en moyenne une somme rondelette de 13 000 livres par foyer (et jusqu’à 65 000 dans les localités très peu peuplées) pour les communes. Le but est bien évidemment d’influer sur les maires réticents, qui pourraient craindre pour leur réélection s’ils refusaient cette manne inattendue. Selon les nouvelles modalités envisagées, une partie de ces sommes pourraient être directement versée aux habitants.

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Le budget global représenterait près de 12 millions d’euros au cours actuel. Faire bénéficier les contribuables du voisinage des futures implantations industrielles (et polluantes) pourrait s’appliquer, à l’avenir, à d’autres types d’investissements. Bloquer le projet des deux réacteurs nucléaires d’Hinkley Point suppose de trouver des sources énergétiques de substitution. En dépit d’une forte concurrence entre fournisseurs, les Britanniques sont très mécontents des tarifs de l’électricité et du gaz. Parvenir à les faire fléchir serait un net argument électoral.

 

Reste à savoir si, avec la fracturation, les tarifs de l’eau, du fait de contaminations, ne progresseraient pas. Et si des secousses sismiques n’endommageraient pas installations et habitations. Il est effectif qu’aux États-Unis, où le procédé a été mis en action voici une douzaine d’années, le prix de l’énergie au compteur (et plus encore chez les fournisseurs) a chuté. Des emplois, certains éphémères, ont été créés. Certes, du fait de la forte baisse du prix du pétrole, la rentabilité de certaines installations a été écornée au point de conduire à des faillites.

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Mais parallèlement, le moindre recours au charbon a permis de réduire les émissions de dioxyde de carbone. Toute technologie a ses avantages et inconvénients, et dans le cas de l’industrie nucléaire, la question de la gestion des déchets reste cruciale pour le moyen et long terme. Le #Royaume-Uni ne compte que huit sites nucléaires (et 15 réacteurs). Le dernier, à eau pressurisée, fut mis en service en 1995. Ils sont tous opérés par EDF qui exporte aussi de l’électricité au Royaume-Uni. Lequel EDF compte désormais un futur concurrent japonais-britannique Horizon Nuclear Power (conjointement avec Hitachi), qui escompte entrer en production courant 2025. D’autres concurrents de moindre importance ont aussi développé des projets.

Les décisions du gouvernement britannique seront sans doute dépendantes des perspectives de l’après-Brexit, ou du poids qu’elles pourraient prendre lors des négociations. Les journaux conservateurs anglais favorables au Brexit vantent les avantages de l'extraction par fracturation et les retombées favorables constatées au États-Unis en se gardant de pointer les protestations au Colorado et ailleurs. #Energie nucléaire