Chérif et Saïd Kouachi n'étaient donc finalement pas deux loups solitaires. La fraction yéménite d'Al-Qaida vient de publier ce mercredi matin une vidéo dans laquelle Nasser Ben Ali al-Anassi, un de ses principaux dirigeants, revendique l'attentat commis contre #Charlie Hebdo qui aura fait douze victimes. "Des héros ont été recrutés et ils ont agi", explique-t-il face caméra. Selon lui, l'attaque aurait été préméditée depuis longtemps, et aurait même été ordonnée par Zawahiri, le successeur à la tête du mouvement terroriste depuis la mort d'Oussama Ben Laden en 2011.

Selon des témoins présents lors des attentats et de la prise d'otage, les frères Kouachi s'étaient déjà vantés d'agir pour le compte d'Aqpa (Al-Qaida dans la Péninsule Arabique), mais rien n'avait encore prouvé leur véritable filiation avec le groupe terroriste, l'un des plus dangereux et des plus puissants de la planète.

Publicité
Publicité

Un dirigeant d'Aqpa avait pourtant menacé la France de nouvelles attaques il y a quatre jours. "Vous ne serez pas en sécurité tant que vous combattrez Allah, Son messager et les croyants", avait déclaré Harith al-Nadhari dans une autre vidéo postée sur un site islamiste.

D'où vient la menace?

Al-Qaida au Maghreb islamiste, Al-Qaida en Irak, Al-Qaida en Péninsule Arabique... Difficile de s'en sortir avec les différentes fractions du groupe mondialement connu sous le nom d'Al-Qaida depuis les terribles attentats du World Trade Center le 11 septembre 2001. Si chacune des branches a ses propres missions sur leur territoire, elles ont pourtant tous un point en commun : la volonté de faire le jihad à l'Occident. Et pour cet objectif, c'est Aqpa (Al-Qaida en Péninsule Arabique) qui domine ses petites soeurs.

Publicité

C'est le Yémen, petit pays dont on parle pourtant rarement, et l'Arabie Saoudite qui hébergent le groupement terroriste, le plus dangereux, le plus actif et le plus puissant du mouvement Al-Qaida. Si la force du groupe repose sur les fonds financiers qui semblent presqu'inépuisables, c'est surtout parce que ce sont eux, au Yémen, qui recrutent et entraînent le plus de jeunes recrues prêtes à faire le jihad.