Blasting News : Pourquoi êtes-vous contre ce projet de loi ?

Thomas Watanabe-Vermorel, porte-parole : Parce qu'il fait tout simplement partie d'un ensemble de lois liberticides. Le #Terrorisme n'est ici qu'un prétexte pour que le gouvernement prenne le contrôle d'internet et de la sphère privée des citoyens. C'est tout un mouvement qui va à l'encontre de droits fondamentaux comme la liberté de presse, la liberté d'expression, la vie privée… et elle tente même de s'affranchir de l'emprise de la Cour Européenne des droits de l'homme !

BN : Quels sont les véritables dangers pour les citoyens français ?

Il y en a trois à ne pas perdre de vue. Il y a tout d'abord la banalisation du recours administratif, ce qui veut dire qu'il n'y aura plus besoin d'un juge pour restreindre la liberté que quelqu'un. La vie privée devient donc secondaire, et la présomption d'innocence disparaît totalement ! De plus, les raisons de mise en œuvre de cette loi comme la lutte contre le nazisme, la pédophilie et le terrorisme ne sont que des épouvantails agités au visage de la population pour lui faire accepter ces mesures liberticides.
La deuxième raison est l'augmentation des censures sur internet. On observe de plus en plus de censure administrative de sites qui n'ont rien à voir avec le terrorisme, ce qui était pourtant la raison d'origine ! Cette semaine, deux amendements contre deux sites, l'un de proxénétisme et l'autre pro-anorexique, ont été censurés. Bien entendu, nous ne défendons pas ce genre de sites, mais ce devrait être un juge qui devrait trancher sur ce genre de sujet.

Troisième raison : l'installation des fameuses boîtes noires pour filtrer internet. L'Etat intervient ici au plus profond des réseaux. Les moyens deviennent incontrôlables ! Les citoyens se doivent de se méfier aujourd'hui de leur gouvernement. Ceux qui prônent cette loi sont tout simplement des gens inconscients : il y a toujours eu des abus de pouvoirs, et il y en aura toujours, d'autant plus avec cette loi.

BN : Que proposeriez-vous donc comme solution à la place de cette loi ?

Il faut tout simplement donner les moyens à la justice pour qu'elle fonctionne. On sait que la justice est aujourd'hui beaucoup trop lente, et que cela empêche la lutte contre le terrorisme. Qu'on lui donne alors les moyens qui seront mis en œuvre pour surveiller la population pour qu'elle aille plus vite pour gérer les dossiers ! C'est cela qui nous fait dire que le but de cette loi n'est pas la lutte contre le terrorisme, sinon ces mesures ne seraient pas prises en priorité. D'ailleurs, la loi prévoit un espionnage de tous les mouvements contestataires par rapport au gouvernement français. Ce qui veut dire que nous, le Parti Pirate, seront mis sous écoute en toute légalité !

BN : Pourtant, des sondages ont montré que les Français étaient prêts à perdre un peu de leur liberté pour plus de sécurité…

Mais la base de la sécurité, c'est la liberté ! On va se retrouver dans une situation d'oppression totale. Il faut arrêter de croire que le terrorisme va renverser le pays. Le danger immédiat et ce qui menace le plus nos libertés, ce sont ces mesures prises par le gouvernement !

D'ailleurs, les lois sécuritaires de ce genre représentent à peu près 10% de toutes les lois votées depuis 30 ans. Mais elles n'ont jamais empêché des attentats, d'autant plus lorsque les terroristes étaient déjà sous surveillance ! La vraie solution serait de mettre en œuvre à long-terme des moyens pour sortir de cette situation où des gens détestent notre pays. À force de s'occuper d'autres thématiques, certaines populations se sentent délaissées par le gouvernement et ressentent de la haine envers le pays. C'est de cela qu'il faut se préoccuper. C'est un travail plus compliqué, mais c'est la réalité que les politiciens refusent de voir.