Depuis 2 ans, Bob s’est lancé sur la plateforme Instagram, avec un compte humoristique et culotté où il n’hésite pas à s’infiltrer incognito dans des événements aussi éclectiques que sélects : Cérémonie des Césars, Ballon d’or, concert d’Aya Nakamura ou encore à l’anniversaire de la star du PSG Neymar, rien n’arrête ce parisien tout juste sorti des bancs de la Fac. Pourtant, rien ne destinait ce jeune homme à finir sur la Toile. En effet, issu d’une formation classique, il a tout d’abord validé un Master 2 en Gestion et finances à la Sorbonne. Si au départ, il réfléchissait à se lancer dans le digital ou le secteur de la santé, il a légèrement dévié le parcours de “moldus” pour briller sur les réseaux sociaux et vivre de sa passion.

Aujourd’hui, son compte Instagram comptabilise quelque 165.000 abonnés et ses vidéos dépassent souvent les centaines de milliers de vues. Au programme chez @bob_dylem, (son pseudonyme Insta) : des blagues, des rencontres en tout genre, des caméras cachées qui séduisent de nombreux adeptes de son grain de folie… La recette ? Un énorme culot, un zeste d’insolence mais beaucoup de bienveillance lors de ses différentes rencontres qu’il adore mettre en scène. Pour en savoir un peu plus sur cet humoriste 2.0 qui commence à attirer de nombreux fidèles dans sa communauté, nous lui avons posé quelques questions auxquelles il a accepté de répondre, sans filtre.

Comment est-ce-qu’on continue à faire rire quand on entre dans une période aussi instable que l’on a tous vécu en mars 2020 ?

C’est vrai que cette pandémie a donné un gros coup de mou et a freiné tous les projets, dans tous les domaines. De nos jours, avec tout ce que l’on vit actuellement, faire rire est vraiment devenu un challenge dans un contexte où le moral des gens est globalement au plus bas. En tant qu’humoriste, j’ai dû surtout m’adapter en sachant que mon fond de commerce ce sont les gens, leurs expressions de visage… Vous imaginez bien qu’avec les masques, il devient compliqué d'interagir ensemble.

S’ils acceptent de retirer leur masque, j’essaie évidemment de garder toute la distanciation sociale nécessaire. Autrement, j’aime bien aussi trouver des sosies d’Emmanuel Macron. Cette mise en situation est d’ailleurs devenue très drôle car quand la personne retire son masque, on assiste à une catastrophe ! Le maître-mot c’est de s’adapter aux nouvelles contraintes, aux nouveaux facteurs exogènes tout en continuant à faire rire les gens coûte que coûte.

Avec le confinement, la hausse de l’utilisation des réseaux sociaux est devenue un fait, surtout chez les plus jeunes. Est-ce-que tu as changé ta manière de produire ton contenu en fonction de la demande des utilisateurs notamment d’Instagram ?

J’ai l’habitude de créer des formats avec des caméras cachées dans la rue, effectivement j’ai dû créer du contenu depuis chez moi, en me filmant. Sketches, chorégraphies, jeux de comédie, mimiques... Il a fallu changer ma manière de jouer et ce n’était pas déplaisant non plus. Le confinement nous a forcé à travailler en “home made”.

Pendant cette crise, le digital a fait ses preuves, tout le monde a été forcé de passer par la voie numérique pour échanger, qu’il s’agisse d’interactions professionnelles ou familiales.

Peut-on dire que la COVID-19 a accéléré la carrière de certains jeunes créateurs de contenus sur les réseaux sociaux ?

Bien sûr on ne peut que constater que la COVID-19 a propulsé de nombreux créateurs à la base inconnus. D’ailleurs, c’est très fort de leur part car ils ont réellement fait preuve d’efficacité et de pertinence à tous égards. Plusieurs créateurs de contenus ont sorti des vidéos, des nouveaux concepts. Cette pandémie mondiale et le confinement ont donné un bon coup de fouet aux influenceurs et aux humoristes sur les réseaux sociaux. En ce qui me concerne, l’année dernière, c’est d'ailleurs pendant ce premier confinement que j’ai passé la barre des 100.000 abonnés depuis chez moi, donc on peut confirmer que la COVID-19 a accéléré la carrière de certains créateurs de contenus.

Avec une actualité aussi anxiogène que celle du confinement dû à l’épidémie, est-ce-qu'il a fallu se réinventer lorsqu’on crée du contenu sur Internet pour s’adapter ?

J’ai essayé de créer un contenu beaucoup plus léger, sympathique, bienveillant et encore plus humoristique. Pendant cette période anxiogène de COVID-19, mes stories ont souvent été partagées et je recevais des messages de remerciements de la part d’abonnés qui me mettaient vraiment du baume au cœur. Il y a même quelqu’un un jour qui m’a dit : ‘Bob tu es un anti-dépresseur, tu devrais être remboursé par la Sécurité sociale’. Ces retours me font évidemment extrêmement plaisir car je sens que mes vidéos leur font du bien, même en ces temps difficiles.

Depuis le début de l’épidémie plus d’un jeune sur deux a envisagé d’arrêter ses études, certains ne voient plus la fin du tunnel. Beaucoup d’étudiants se trouvent dans tes abonnés. Qu'est-ce-qui ressort dans les échanges que tu peux avoir avec eux ?

C’est triste avant tout et on peut le dire : la situation est catastrophique. Je discute souvent avec des étudiants qui me font part de leur tristesse. Ils vivent dans des conditions déplorables et sont très malheureux. Celles et ceux qui travaillent ont perdu leur emploi et de ce fait, leur source de revenus pour payer leurs courses, leurs appartements, leurs bouquins, leurs études etc. J’ai l’impression que le gouvernement met complètement de côté ces personnes qui deviennent presque les “oubliés” de cette crise sanitaire sans précédent.

C’est très dommage car les étudiants incarnent le futur de la France, sans eux on ne pourra pas construire le monde de demain. L’État se doit d’accorder plus d’aides, de moyens, de temps et d’argent aux étudiants qui se retrouvent dans la galère. Ce n’est pas normal qu’un étudiant doive se rendre aux Restos du cœur pour se nourrir en 2021. C’est surtout scandaleux et triste pour un pays aussi beau que la France. Avec ma communauté on ne parle pas beaucoup, je constate que psychologiquement c’est très dur pour eux. Bien souvent ils se retrouvent dans des difficultés financières, éloignés de leur famille, seuls dans moins de 20 m2. Comment survivre dans une ambiance aussi anxiogène, coupés du monde, sans amis ou proches ?

Mon job c’est justement de les faire rire un peu, de les faire voyager grâce à mes expériences, leur faire oublier la misère qu’ils vivent actuellement. Je me dois de soutenir et d’aider les étudiants, c’est très important pour moi qu’ils se sentent bien dans leur tête en ce moment.

Pour en savoir plus sur Bob Dylem, regardez son entretien réalisé avec Sam Zirah :

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