Après avoir travaillé avec deux groupes musicaux de Montpellier et s'être recherché lui-même, Louis Guiyoule sort en début de 2018 son premier opus « Peace Of Mind ». Cet œuvre résulte en effet d'un pèlerinage personnel, tout ça pour conter les mystères que peut contenir une âme humaine. «C'est ce désir que j'avais de m'en sortir, de me sauver et de trouver la force intérieur pour avancer. », a-t-il confié.

Louis Guiyoule, explorateur de l'âme humaine :

LLH : « Dans l’interview accordée à skriber.fr remontant à 2017, tu dis que l'album « Peace Of Mind » était ta première expérience en solo.

Qu'est-ce qu'il a évolué depuis cette introspection musicale ? As-tu l'intention de retravailler en groupe ? Et est-ce que l’ambiance de création d'un potentiel nouvel opus serait plus joyeuse que pour le précédent ? »

LG : « Le set du groupe a évolué, les arrangements des morceaux ne sont plus les mêmes que ceux enregistrés sur l'E.P. C'était important je crois que la Musique ne soit pas figée mais qu'elle prenne la forme de l'intention qui nous guide et qui est chaque fois renouvelée. Depuis je travaille à autre chose, un peu plus avec ma tête et le savoir musical que je cultive. Je retravaillerai en groupe pour sûr. J'aime beaucoup trop les gens qui m'accompagnent pour jouer seul. Et oui, je pense bien que la suite sera moins mélancolique. »

-LLH : « Donc, pour toi, composer c'est narrer ce qu'il y a de plus profond chez l'humain.

Tu peux nous dire plus ? Ensuite, on aimerait savoir comment tu fais pour conserver une ambiance universelle à chaque morceau. »

LG : « C'est tenter de narrer l'histoire d'un individu dans ce qu'est sa vie, son drame. C'est parler de ses joies, ses peines, ses réussites et ses échecs. De ses amours. Peace of Mind est un premier E.P. Il manque d'unité mais il a la force d'avoir été écrit avec une naïveté brûlante et assumée.

C'est un premier cri. »

LLH : « Comment as-tu fait pour revendiquer ta passion jusqu'au succès, pour t'imposer ? »

LG : « Je ne l'ai jamais fait. J'ai écrit, composé puis me suis entouré de gens à qui je dois la plus grande partie de la réalisation de ce projet. Les musiciens, ma famille, les Kissbankers qui ont financé l'enregistrement de l'E.P.

Et du clip, Romain Castéra, Maxime Borowski, Tom Bouet, Vincent Prête, Sandrine Le Malefant et d'autres encore. C'est un travail de groupe. Il n'y a pas de succès si ce n'est le franchissement d'une étape. Et avancer en groupe, jouer cette musique avec des gens que j'aime et qui me font confiance est ma plus grande réussite. »

LLH : :«Parle-nous de ton parcours idéal que tu souhaiterais avoir ? Aimerais-tu qu'il devienne international, notamment pour retourner à Londres ? Et quel souvenir aimerais-tu laisser ?»

LG : « J'ai repris mes études au conservatoire de Nîmes et me présenterai à l'examen du D.E.M. En musiques actuelles à la fin de l'année scolaire 2019. J'espère être diplômé et prétendre à une formation au diplôme d'état (D.E) dans le but de devenir prof.

Je sais pas si c'est un parcours idéal mais j'aimerais pouvoir enseigner d'un côté et continuer à faire vivre des projets créatifs de l'autre. Bien sûr je serais ravi de jouer à l'étranger. Plus particulièrement dans un pays anglo-saxon puisque mes textes sont en anglais. Nous préparons, avec une formule en trio du projet, une tournée au Québec qui, si elle a lieu, devrait arriver pour Mars 2019. Bah en tant que musicien je suis encore jeune. D'autant plus que je me suis remis à la musique sur le tard. Je n'ai aucune prétention à laisser de souvenirs. En revanche en tant qu'homme, pour ma famille et mes amis, j'espère qu'ils se souviendront de moi comme quelqu'un qui aura essayé de continuer de grandir, d'apprendre et qui les aura aimés .

»

LLH « Quelle est la vision artistique que tu transmets via ton univers musical ? À chaque écoute, on a l’impression de vivre dans la tête d'un écorché-vif se promenant à travers le temps et l'espace. Mais y a t-il un point commun dans tes scénarios musicaux et comment tu l'exploites à bien ?»

LG : «Je n'ai pas réfléchi à une vision artistique. Je suis habité par celles des artistes que j'ai lus, écoutés, vus et aimés. J'ai cherché a fabriquer quelque chose que je trouve beau et dans lequel je puisse revivre les émotions, les sentiments et les idées qui ont vu le jour quand j'ai découvert des artistes comme Billie Holliday, Jeff Buckley, Ray Charles et bien d'autres. J'ai composé la plus grande partie de mes morceaux durant ce qui reste la période la plus douloureuse de ma courte et jeune vie. J'ai eu besoin de m'en sortir grâce à ces morceaux. Je suppose que la sensation d'écorchure que j'éprouvais à l'époque a été transmise dans la musique. Mais c'est le reflet d'une époque et d'un contexte. Je ne pense pas être un écorché vif.

Il y a effectivement un fil rouge dans l'EP. Et qui imprègne tous les textes ou presque. C'est ce désir que j'avais de m'en sortir, de me sauver et de trouver la force intérieur pour avancer. Je l'ai exploité de manière instinctive et naturelle. Il y a des choses qui devaient être dites, extériorisées. Il m'a juste fallu du temps pour leur trouver un média et une forme. »

Post-peace of mind :

LLH : « Dis-nous en plus sur le show-business, ton public et sur les différentes choses à faire lors de la création d'un album ? »

LG : «Oh tu sais, je ne connais pas le succès et donc pas le show-business. Je peux seulement te dire qu'aujourd'hui un musicien qui vend un projet de compositions est un jeune entrepreneur.

Il faut connaître les modes de communication, de consommation et de production de la musique pour être à la page et j'ai des failles dans tous ses domaines. C'est avec l'aide d'une attachée de presse, Sandrine Le Maléfant, que j'ai pu prendre connaissance des tâches et devoirs à remplir afin de permettre à mon projet d'éclore. J'ai essentiellement joué à Montpellier et dans la région de l'Hérault . Bien que ma musique soit disponible sur Youtube, Bandcamp et que l'on puisse me suivre sur les réseaux sociaux, mon public se compose surtout des gens qui nous ont vu jouer. Nous sommes donc très proches en quelque sorte. »

LLH : «Quelle source as-tu utilisé principalement pour écrire l'album ? Les titres contiennent-ils des messages subliminaux ?»

LG : "La vie. Celle des autres et la mienne. J'ai puisé dans mon cœur ma tête et mon ventre. C'est un premier EP assez viscérale et ego-centré. J'y parle par métaphores de choses intimes qui je pense sont assez universelles mais reflètent surtout un contexte et une époque.

J 'y dévoile mes hontes, mes faiblesses et ma recherche de beauté et d'amour de manière naïve. Il n'y a pas de messages subliminaux. »

LLH : «;Comment est l’intérieur de ton lieu de travail ? Reflète t-il ton âme ? »

LG : « Oh très simple, il n'y a pas grand chose chez moi. Le strict nécessaire et mes livres. Je ne pense pas qu'il reflète mon âme non. Peut être mon état du moment et mes finances: »

LLH : «Est-ce que le clip « Peace Of Mind» est une illustration de ton introspection et parle-nous du planant « The Expanse Of the Sky »? »

LG : « Tout à fait, Peace Of Mind est une illustration de mon introspection et de la vie intérieure qui m'animait il y a de ça quelques années. The Expanse est, je dois te l'avouer, mon morceau préféré.

C'est un morceau long et où je traverse plusieurs états émotionnels. Il est certes mélancolique mais il porte en lui tout l'amour que je voue aux gens que j'aime. Il est très imprégné de la musique de Buckley. Pour moi il est plein d'espoir et lorsque j'ai estimé qu'il était terminé j'ai éprouvé une joie immense et rare. »

LLH : «:Et ¨pour te laisser le dernier mot de cette interview, donne-nous ta propre signification pour les expressions «univers musical » et « peace of mind»? »

LG : « Pour moi avoir un univers musical, c'est avoir quelque chose à soi. C'est faire une musique tout de suite identifiable. On entend 2 notes d'un morceau et on se dit, ça c'est Buckley, ça c'est Sting, ça c'est machin.

Ça ne veut pas forcément dire que la musique est riche ou complexe ou même belle mais qu'elle est signée. A travers la musique on perçoit quelque chose d'un être que l'on n'aurais pas pu voir sans. Elle se fait le miroir de quelque chose de profond chez celui qui la fait. Peace of mind c'est une recherche, une promesse peut être. Un abandon. Trouver un peu de paix intérieur pour accepter la solitude et vivre dans la joie. Ça fait pompeux d'autant plus que j'en suis loin.»