À tout juste 22 ans, le mannequin originaire de Blois dans le Loir-et-Cher vient de mettre un point d’honneur à un combat qu’il mène depuis de nombreuses années. Avec “Un dernier souffle”, un court métrage où l'on retrouve parmi les acteurs, Pascal Soetens, de l’émission Pascal, le grand frère et Fiona Gélin, Jérémy Bellet s’attaque aux discriminations.

Telle une ôde à la jeunesse, ce film raconte les derniers instants de vie de Pierre, un chanteur lyrique, battu à mort en pleine rue, pour sa différence. En guise de récompense, le jeune homme de 22 ans a reçu la médaille des Arts et de la Culture internationale.

Dans le contexte sanitaire actuel, le film n’est pour l’instant sorti qu’en version digitale sur Youtube. Pour en savoir davantage sur ce projet, Jérémy Bellet a accepté de répondre à nos questions.

Votre film “Un dernier souffle” est sorti en version digitale le 3 avril dernier. Quel accueil avez-vous reçu ?

Un très bon accueil malgré le contexte particulier dans lequel mon film est sorti. Mais on a la chance d’être dans une période où le digital et les réseaux sociaux fonctionnent énormément donc c’est plutôt une chance pour nous autres artistes. Le message a été entendu, les gens ont jugé sur le fond et les principes que je défends, à savoir la lutte contre les discriminations. D’ailleurs, c'était le but recherché, je souhaitais que l’on retienne cette lutte, car c’est aujourd’hui mon combat.

Sortir un film un an après le début d’une pandémie mondiale qui a fortement paralysé l’industrie du Cinéma, c’est déjà une consécration ?

C’était pas si simple ! Bien sûr j’aurais pu attendre encore un peu que les salles de cinéma rouvrent, pour le présenter et faire une plus grande avant-première. Malheureusement, on reste dans un tunnel et on ne voit pas trop la fin.

Bien que j’espère que la vie reprenne son cours normal très rapidement. C’est effectivement une fierté, car c’est l’aboutissement de longs mois de travail et d’un message personnel qui me tenait à cœur. Enfin, j’ai eu la chance de bénéficier du soutien de Pascal Le Grand Frère, de Fiona Gélin ainsi que de toute l’équipe de mon film.

Réaliser ce film a été un exutoire, vous l’expliquez dans la presse, cela a peut-être été l’occasion de prendre une revanche sur la vie ?

Je ne suis pas quelqu’un de revanchard, je n’aime pas trop ce terme. C’est un apaisement, une façon de me libérer d’un poids que j’avais depuis toujours. À l’heure actuelle, c’est une fierté d’avoir pu porter un message de lutte contre les discriminations et le harcèlement. L’aboutissement du combat que je mène finalement.

Pensez-vous que les discriminations que vous avez vécues au moment de votre adolescence sont les mêmes que l’on peut retrouver aujourd’hui dans les cours de collèges de 2021 ?

Malheureusement, je pense que la nature humaine est en partie mauvaise dans le fond, certains jugent et discriminent.

Tant qu’il y aura de nouvelles générations qui portent ce combat, on pourra continuer à lutter contre les discriminations. Peut-être dans 15, 20, 30 ans, la situation évoluera, mais selon moi, la base de ces discriminations existera encore.

Justement, vous avez souhaité aller à la rencontre des collégiens et des lycéens après la sortie de ce film. Pourquoi est-ce important de sensibiliser les jeunes autour de ces questions selon vous ?

L’utilité de porter un message auprès des jeunes, c'est aussi pour les éduquer. Si l’on apprend aux élèves très jeunes et qui vont devenir des futurs citoyens, qu’il y a des choses qui ne se font pas, comme le fait de discriminer telle ou telle personne en raison de son orientation sexuelle ou de sa couleur de peau, je pense que les établissements scolaires se porteraient beaucoup mieux.

J’aimerais qu’une ou deux journées soient consacrées à la lutte contre ces délits, tout comme il y en a pour parler du SIDA, etc.

Votre film a été tourné en Touraine et dans le Loir-et-Cher, quel rapport avez-vous avec ces départements, vous y êtes toujours attaché ?

Bien évidemment, je reste attaché à ces deux départements, car j’y ai grandi, j’ai vécu beaucoup de moments forts, plus ou moins joyeux. En y retournant quelques fois, je constate que ces souvenirs ont forgé mon caractère. Ce sont ces souvenirs qui ont nourri en moi l’envie de faire ce film.

En tête d’affiche d’"Un dernier souffle", on retrouve Pascal Soetens, une personnalité très connue du petit écran et Fiona Gélin, plus présente sur le grand écran, comment vous ont-ils aidé à porter ce projet jusqu’au bout ?

Ils m’ont aidé à porter ce projet par leur écoute, leur bienveillance et leur envie de participer à un projet utile pour la société. Pascal et Fiona ont été formidables, ils ont immédiatement compris ce que j’avais vécu, qui j’étais à travers ce projet, et se sont évidemment beaucoup dévoilé à travers leur intimité par rapport aux discriminations qu’ils ont eux-mêmes vécues. Tout comme l’ensemble de l’équipe de mon film, ils ont été d’un soutien extrêmement important, car ils ont su porter ce film, m’encourager. Je les remercie naturellement même si pour eux, cela relevait de l’évidence, que de porter ce projet jusqu’au bout.

Vous pouvez voir le court-métrage "Un dernier souffle" de Jérémy Bellet juste ici :

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