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La Corée du Nord est le seul héritier aujourd'hui du bloc soviétique. Elle se retrouve aujourd'hui plus que jamais en pleine crise avec un tiraillement entre le vouloir d'imposer une autorité, qu'elle n'aurait pas, et le devoir de respecter les décisions supranationales dans un environnement gagné par le libéralisme politique. Les sanctions de la résolution du Conseil de Sécurité des Nations Unis concernent une mesure "visant à empêcher quelques 800 millions de dollars de recettes annuelles "...

La poursuite d'une guerre idéologique

Les réalistes classiques parlent de cette recherche insatiable de pourvoir des Etats. Morgenthau parle de l'intérêt national comme moteur des relations internationales.

Au vu de l'histoire avec la bipolarité d'antan, il est possible et tout à fait légitime de penser que cette résolution n'est rien d'autre que la poursuite d'une guerre idéologique. En effet, si l'on considère les Nations-Unis comme une instance « américaine ». Tout devient tout de suite clair. Les Etats-Unis utilisent leur pouvoir de décision pour continuer l'expansion démocratique. « La politique étrangère des États est contrainte par la nature anarchique du système international, qui détermine le comportement des agents ». L'intérêt des USA est qu'ils restent la première puissance sur tous les plans. Alors l'absence d'une force supranationale force ces Etats à défendre leurs intérêts : rester le seul roi sur l'échiquier international.

La Corée du Nord est un Etat rationnel qui ne prendrait pas le risque d'attaquer le plus petit pays, redoutant de se mettre à dos tous les autres ainsi que toute la communauté internationale.

Il faut voir la réalité telle qu'elle est et non telle que l'on voudrait qu'elle soit : Le combat Corée du Nord / USA est très tentant, cependant il n'en est rien. Le vacillement de la Corée du Nord quant à sa dénucléarisation confirme sa faiblesse et donc sa politique défensive et provocatrice. Le seul acteur de cette dite guerre est les Etats-Unis. La Corée du Nord serait en réalité poursuivie pour ce qu'elle est : un régime non démocratique.

L'Ouverture d'une perspective de déstabilisation régionale

Chaque Etat cherche à se sécuriser, notamment la Chine. La Chine a une raison politico-économique de refuser toute sanction à la Corée du Nord. En effet la Chine a toujours été un allié de la Corée du Nord. Cela car la puissance chinoise redoutait une union des deux Corée. Une union qui donnerait naissance à une Corée « américaine ». Les USA auraient donc le contrôle de cette zone et enlèverait à la Chine toute légitimité de « puissance » dans cette partie du monde. Dès lors la Chine a longtemps préférer entretenir la Crise nord coréenne pour « garder sa suprématie sur l'échiquier orientale suprême».

Aujourd'hui, la Chine condamne la Corée du Nord. Ce revirement est un calcul d'intérêt. Si la Chine ne suit pas le « juste » elle risque de se mettre à dos toutes les puissances. Et donc elle décide d'accepter que l'on sanctionne la Corée du Nord sachant que cela pourrait conduire à son déclin. Choisir entre ne plus être la puissance économique de sa zone et se mettre à dos toutes les puissances, le choix est vite fait.

Le Japon quant à lui accuse les nord-coréens notamment les Chosensoran (20 mille membres de l’association générale des Nord Coréens qui résident au Japon) de complicité d’enlèvement, de trafic de drogue entre autres. Donc son aide à la Corée du Nord était basé sur le fait qu'il redoutait une immigration trop forte qui conduirait à la déstabilisation nationale de son pays. Donc le Japon également à un moment entretenait la crise nord-coréenne par peur de son déclin. Dès lors cette Résolution n’a été rien d'autre qu'une obligation de se retourner contre la Corée du Nord au vu de la situation.