Le Rwanda a été une colonie belge. Le colonisateur y aurait trouvé un peuple, avec les mêmes pratiques culturelles. Puis la Belgique aurait décidé de « racialiser » ce peuple en le divisant : les Tutsi et les Hutu, les uns agriculteurs, les autres éleveurs. Elle décide ensuite de collaborer avec les Tutsi, qui reçurent alors le bénéfice d'un rang socio-politique plus important, ce qui créa une frustration chez les Hutu. Une frustration qui n'a pas été sans conséquence...

Révérien Rurangwa, dans son œuvre Génocidé, raconte l'histoire du génocide à travers le jeune garçon de 15 ans qu'il était. Il raconte comment après l'attentat qui a touché l'avion où se trouvait les présidents rwandais et burundais, les Hutu ont commencé à découper les Tutsi à la machette.

Une machette avec laquelle on a tué 43 membres de sa famille sous ses yeux. La mort était partout et elle accompagnait les voisins. Le génocide du Rwanda [VIDEO] est un génocide voisin. En effet, sans doute pour gagner du temps, c'était aux proches Hutu de « faire le travail ».

Quel était l'objectif des Hutu ? Tuer la descendance des Tutsi ou tuer leur envie de vivre ? Certainement les deux. Monsieur Rurangwa explique qu'il a supplié les tueurs de l'achever tellement la souffrance psychologique de voir sa famille décimée, la souffrance physique d'avoir été machetté sans être tué, et la souffrance émotionnelle, l'envahissaient. Son assassin, S. S., se retrouvait avec son père et son oncle souvent dans le même bar. Un homme fermé qui n'aimait pas les Tutsi, mais jamais Révérien n'aurait cru ou pensé que cet homme allait découper un jour toute sa famille avec une machette devant lui.

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La souffrance croissait mais ils ont refusé de l'achever, en riant, explique t-il, fiers de ce qu'il avait pu infliger a ce Tutsi. Ils disaient qu'il ne passerait pas la nuit. Ils étaient sûr qu'il mourrait et dans la souffrance. Cependant, il a survécu et a été sauvé par la Croix Rouge Internationale.

Génocidé : une réponse au génocide

Révérien Rurangwa a été aidé ensuite par l'organisation les Hirondelles. Luc Dupraz, bénévole auprès de l'organisation, le recueille et l'héberge à la vue des Alpes, en Suisse. Quelques temps après, deux ans environ, Révérien décide de retourner au Rwanda pour voir ce qu'est devenu son pays. Sur place, il se rend compte que Simon Sibomana, son assassin et celui de toute sa famille, est toujours dans son cabaret et que la vie continue comme si rien ne s'était passé. Après avoir été abandonné par la justice de son pays, ne pouvant plus supporter la liberté du Hutu, Révérien retourne en Suisse et décide d'y « vivre ». Pour faire échouer les Hutu qui l'ont tué, il va donner la vie et perpétuer la descendance des Tutsi. Il garde sur lui les blessures, arme pour un témoignage et il publie en 2006, Génocidé.