Accusé d'avoir "violé à plusieurs reprises les conventions internationales et le protocole de cohabitation" et d'avoir une attitude "discourtoise et agressive", Julian Assange, 47 ans, fondateur de WikiLeaks, a été arrêté jeudi 11 avril par la police britannique venue le chercher dans l'enceinte de l'ambassade équatorienne à Londres où il vivait depuis 7 ans.

L'asile diplomatique du lanceur d'alerte, qui avait pris la nationalité équatorienne en 2017, a donc pris fin lorsque la police britannique est venue l'extirper de l'ambassade et le traîner au dehors devant toutes les télévisions.

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Immédiatement le site internet du fondateur et éditeur de WikiLeaks a dénoncé les conditions de cette arrestation et accusé l'Equateur d'avoir violé le droit international en laissant la police pénétrer dans l'ambassade.

Julian Assange, à l'origine des milliers de révélations de documents confidentiels du département d'Etat américain et du Pentagone, mais aussi sur, entre autres, les dictatures arabes, avait trouvé refuge dans l'ambassade afin d'éviter d'être extradé vers la Suède où il était à l'époque accusé de viol.

Ecuadorian president rips Julian Assange as a 'spoiled brat' - nypost.com
Ecuadorian president rips Julian Assange as a 'spoiled brat' - nypost.com

Mais pourquoi Quito a soudainement mis fin à cet asile politique ?

Le président équatorien, Lenin Moreno, à l'origine de cette sentence, a assuré que son pays a "décidé de manière souveraine de retirer l'asile diplomatique à Julian Assange". Depuis octobre 2017, les autorités équatoriennes avaient durci le ton et appliqué un protocole régulant les activités sur Internet, les visites et les communications du hackeur australien d'origine.

Ce dernier vivait pourtant déjà en ermite au sein de l'ambassade, coupé du monde, dans une pièce minuscule, sans voir la lumière du jour, ce qui explique d'ailleurs son visage marqué lors de son arrestation. Les relations avec l'Equateur étaient depuis des mois devenues exécrables.

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Les rapprochements de l'Equateur avec les Etats-Unis

Elu en 2017 à la tête de l'Equateur, Lenin Moreno avait d'abord accusé WikiLeaks d'avoir divulgué des informations sur sa vie privée. Celui qui se présente comme le sauveur de l'économie équatorienne, proche des principaux acteurs internationaux, qualifiait l'asile politique de Julian Assange de "caillou dans la chaussure". Depuis son élection, Lenin Moreno a réorganisé l'ensemble de la politique étrangère équatorienne de son prédécesseur et surtout renoué avec les autorités américaines jusqu'ici critiquées.

Parallèlement, l'Equateur a obtenu, en février 2019, 10,2 milliards de dollars de crédits de la part du Fonds monétaire international (FMI) et de la Banque mondiale. "Nous allons recevoir plus de 10 milliards de dollars à des taux inférieurs à 5% en moyenne", avait déclaré le chef de l'Etat équatorien. Lenin Moreno a en effet renoué les relations avec le FMI qu'avait rompues son prédécesseur Rafael Correa.

Si la Grande-Bretagne décidait de livrer Julian Assange aux Etats-Unis - fondateur d'une maison d'édition en ligne qui diffuse les révélations de lanceurs d'alerte tels Daniel Ellsberg ou Edward Snowden - il risquerait la peine de mort pour espionnage.

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