Les manifestations qui ont actuellement lieu dans la péninsule de Kowloon permettent de se questionner sur les oppositions politique en Chine. Est-ce une situation particulière à Hong-Kong ? Les revendications du mouvement des parapluies ne seraient-elles que la partie émergée de l'iceberg ?

Un territoire particulier

Hong-Kong est bien évidemment un territoire particulier, qui fait office d’exception en Chine mais aussi dans le monde. Son histoire diffère car la ville, ainsi que l’intégralité de la péninsule de Kowloon ont été des colonies anglaises jusqu’en 1997.

Ce statut permet à ce territoire de disposer d'un cadre législatif différent du reste du pays. La ville a notamment a vécu l’occupation japonaise pendant la Seconde Guerre mondiale et, a accueilli bon nombre d’opposants au régime communiste à son arrivée au pouvoir en 1949. La ville a été le théâtre de nombreuses manifestations. En 1967, s’élève une révolte ouvrière en réaction à la révolution culturelle. L'année1997, année de l’annexion, marque aussi les affrontements sur la place Tian'amen qui accentue la défiance vis-à-vis de la République Populaire de Chine.

En 2003, de nouveau en réaction à l'annexion, un mouvement de défense de la liberté d’expression et de liberté religieuse force la démission de plusieurs membres du gouvernement. C’est en 2014 que débute le mouvement des parapluies qui réclame déjà, de véritables élections démocratiques. Le contexte de la région de la péninsule de Kowloon semble placer ce territoire comme contestataire privilégié du gouvernement chinois.

Des tensions anciennes

L’opacité de la RPC n’offre pas toutes les clés pour comprendre ce qu'il se passe réellement en Chine actuellement.

Au-delà de la péninsule de Hong-Kong, diverses formes de contournement des mesures liberticides du gouvernement se mettent en place. Dans la région de Xinjiang, la lutte pour la reconnaissance des camps d’internement du peuple Ouïghour a constitué une victoire importante. La préservation de leur langue, la diffusion de leur art et leur industrie culturelle leur permet de poursuivre leur lutte à la suite de la répression sanglante de leur soulèvement en 2009.

À Hong-kong, dans une région où les règles sont considérablement plus souples, l’opposition au régime est pourtant d’autant plus visible.

Dans son article « Internet à Canton (Chine) – Dynamiques sociales et politiques » Wenjing Guo, chercheuse au CESSMA, décrit comment le gouvernement chinois par la mise en place de centres d’aide sociale, a cherché à devenir gestionnaire des opposition à sa politique. Wenjing Guo explique que l'installation des centres d'aide sociale consiste à reconnaître l'utilité des actions philanthropiques menées par la société civile et d'assurer que leur gestion soit prise en charge par l'État. Cette aide était jusqu'alors décriée par le gouvernement car pensée comme relevant de la charité chrétienne et supposant un échec de la politique du parti communiste.

Les activistes tentaient alors d'organiser cette aide clandestinement et se voyait alors offrir la possibilité de proposer cette aide sous le contrôle de l'État chinois. Il s'agit alors pour le gouvernement de surveiller l'action de ses opposants. Un jeu de contournement s'installe alors pour les détracteurs de la RPC dans le but de poursuivre leur action sociale tout en échappant à la surveillance étatique.

La diffusion des informations et leur rapidité, ainsi que la défiance des activistes permet de contourner les règles inflexibles qui sont imposées.

Ces exemple appuie la thèse selon laquelle la tension serait constante et s’accentuerait pour l’État, mis devant l’impossibilité d’exercer un contrôle plus ferme de la population et, le maintient du gouvernement et de sa ligne politique.

Une opacité qui complique la compréhension du contexte chinois

La Chine dispose non seulement d’un territoire extrêmement étendu mais également d’une grande diversité de langues, de religions et de culture. La représentation de la diversité luttes politiques a tendance à être uniformisée dans les médias de par la complexité de leurs contextes et de leurs enjeux.

Les récentes manifestations du mouvement des parapluies sont un exemple d’opposition qui nous est donné à voir de par la particularité du contexte hong-kongais qui permet de contourner davantage le contrôle opéré par le gouvernement chinois. Le fait que les activistes aient l’opportunité d’exposer leurs revendications via internet permet une plus grande diffusion de leurs idées. Si l’on oppose le contexte Ouïghour à l’actualité des opposants à Hong-Kong, on observe alors que la diffusion des revendications sont foncièrement différentes. Les modalités de contournement de l’oppression exercée par la politique chinoise sont multiples et la rétention d’informations actuelle en Chine ne permet pas de pouvoir les observer dans leur diversité.

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